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nce et de defi sortant de toutes les poitrines.
Les tomahawks, les couteaux et les pistolets furent tires en meme temps.
Une seconde apres, nous nous battions corps a corps.
Oh! ce fut un effroyable vacarme; les coups de pistolets, les eclairs des
couteaux, le sifflement des tomahawks dans l'air, formaient une
epouvantable melee. Il semblerait qu'au premier choc les deux rangs
eussent du etre abattus. Il n'en fut pas ainsi. Dans un semblable combat,
si les premiers coups sont terribles, ils sont habituellement pares, et la
vie humaine est chose difficile a prendre, surtout quand il s'agit de la
vie d'hommes comme ceux qui etaient la. Peu tomberent. Quelques-uns
sortirent de la melee blesses et couverts de sang, mais pour reprendre
immediatement part au combat. Plusieurs s'etaient saisis corps a corps;
des couples s'etreignaient, qui ne devaient se lacher que quand l'un des
deux serait mort. D'autres se dirigeaient vers la porte dans l'intention
de combattre en plein air: le nombre fut petit de ceux qui parvinrent a
sortir; sous le poids de la foule, la porte se ferma, et fut bientot
barree par des cadavres. Nous nous battions dans les tenebres. Mais il y
faisait assez clair cependant pour nous reconnaitre. Les pistolets
lancaient de frequents eclairs a la lueur desquels se montrait un horrible
spectacle. La lumiere tombait sur des figures livides de fureur, sur des
armes rouges et pleines de sang, sur des cadavres, sur des combattants
dans toutes les attitudes diverses d'un combat a mort.
Les hurlements des Indiens, les cris non moins sauvages de leurs ennemis
blancs, ne cessaient pas; mais les voix s'enrouaient, les cris se
transformaient en rugissements etouffes, en jurements, en exclamations
breves et etranglees. Par intervalles on entendait resonner les coups, et
le bruit sourd des corps tombant a terre. La chambre se remplissait de
fumee, de poussiere et de vapeurs sulfureuses; les combattants etaient a
moitie suffoques.
Des le commencement de la bataille, arme de mon revolver, j'avais tire a
la tete du sauvage qui etait le plus rapproche de moi. J'avais tire coup
sur coup et sans compter; quelquefois au hasard, d'autrefois en visant un
ennemi; enfin, le bruit sec du chien s'abattant sur les cheminees sans
capsules m'avertit que j'avais epuise mes six canons. Cela s'etait passe
en quelques secondes. Je replacai machinalement l'arme vide a ma ceinture,
et mon premier mouvement fut de courir ouvrir la porte. Avan
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