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je sautais a terre pour soulager Moro, et
je courais cote a cote avec lui.
Mon chien suivait, jetant parfois un regard intelligent sur moi et
semblant avoir conscience du motif qui me faisait voyager avec une telle
hate. Pendant tout le jour je restai en vue des Indiens; je pouvais
distinguer leurs armes et les compter; ils etaient environ une vingtaine
en tout. Les trainards avaient tourne bride, et les hommes bien montes
continuaient seuls la poursuite. En approchant du pied de la montagne
Neigeuse, je me rappelai qu'il y avait de l'eau a notre ancien campement
dans le defile. Je pressai mon cheval pour gagner le temps de nous
rafraichir tous les deux. J'avais l'intention de faire une courte halte,
de laisser le noble animal reprendre haleine et se refaire un peu aux
depens de l'herbe grasse qui entourait le ruisseau. Mon salut dependait de
la conservation de ses forces, et c'etait le moyen de les lui conserver.
Le soleil etait pres de se coucher quand j'atteignis le defile. Avant de
m'engager au milieu des rochers, je jetai un coup d'oeil en arriere.
J'avais gagne du terrain pendant la derniere heure. Ils etaient au moins a
trois milles derriere, et leurs chevaux paraissaient fatigues. Tout en
continuant ma course, je me mis a reflechir. J'etais maintenant sur une
route connue; mon courage se ranimait, mes esperances, si longtemps
obscurcies, renaissaient brillantes et vivaces. Toute mon energie, toute
ma fortune, toute ma vie, allaient etre consacrees a un seul but. Je
leverais une troupe plus nombreuse que toutes celles qu'avait commandees
Seguin. Je trouverais des hommes parmi les employes de la caravane, a son
retour; j'irais fouiller tous les postes de trappeurs et de chasseurs dans
la montagne; j'invoquerais l'appui du gouvernement mexicain; je lui
demanderais des subsides, des troupes. J'en appellerais aux citoyens d'El
Paso, de Chihuahua, de Durango, je...
--Par Josaphat! voila un camarade qui galope sans selle et sans bride!
Cinq ou six hommes armes de rifles sortirent des rochers et m'entourerent.
--Que je sois mange par un Indien si ce n'est pas le jeune homme qui m'a
pris pour un ours gris! Billye! regarde donc! Le voila, c'est lui, c'est
lui-meme! Hi! hi! hi! ho! ho!
--Rube! Garey!
--Eh quoi! par Jupiter! c'est mon ami Haller! hourrah! Mon vieux camarade!
est-ce que vous ne me reconnaissez pas?
--Saint-Vrain!
--Lui-meme, parbleu! Est-ce que je suis change? Quant a vous, il m'eut ete
di
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