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olet au poing. Tout cela s'etait fait en moins de deux minutes; mais avant que nous eussions fini, un cri sauvage annoncait que la ruse etait decouverte. Des hurlements de rage eclaterent dans toute la ville, et les guerriers, s'elancant de leurs maisons, accoururent; vers le temple. Les fleches commencerent a siffler autour de nous; mais a travers tous les bruits, les sons du clairon, qui donnaient le signal de l'attaque, se firent entendre. Nos camarades sortirent du bois et; accoururent au galop. A deux cents yards de la ville, les cavaliers se diviserent en deux colonnes, qui decrivirent, chacune, un quart de cercle pour attaquer par les deux bouts a la fois. Les Indiens se porterent a la defense des abords du village; mais, en depit d'une grele de fleches qui abattit plusieurs hommes, les cavaliers penetrerent dans les rues, et, mettant pied a terre, combattirent les Indiens corps a corps, dans leurs murailles. Les cris, les coups de fusil, les detonations sourdes des escopettes, annoncerent bientot que la bataille etait engagee partout. Une forte troupe, commandee par El Sol et Saint-Vrain, etait venue au galop jusqu'au temple. Voyant que nous avions mis les captives en surete, ces hommes mirent pied a terre a leur tour et attaquerent la ville de ce cote, penetrant dans les maisons et forcant a sortir les guerriers qui les defendaient. Le combat devint general. L'air etait ebranle par les cris et les coups de feu. Chaque terrasse etait une arene ou se livraient des luttes mortelles. Des femmes en foule, poussant des cris d'epouvante, couraient le long des parapets, ou gagnaient le dehors, s'enfuyant vers les bois. Des chevaux effrayes, soufflant, hennissant, galopaient a travers les rues et se sauvaient dans la prairie, la bride trainante; d'autres, enfermes dans des parcs, se precipitaient sur les barrieres et les brisaient. C'etait une scene d'effroyable confusion, un terrible spectacle. Au milieu de tout cela, j'etais simple spectateur. Je gardais la porte d'une chambre ou etaient enfermees celles qui nous etaient cheres. De mon poste eleve, je decouvrais tout le village, et je pouvais suivre les progres de la bataille sur tous les points. Beaucoup tombaient de part et d'autre, car les sauvages combattaient avec le courage du desespoir. Je ne redoutais pas l'issue de la lutte; les blancs avaient trop d'injures a laver, et le souvenir de tous les maux qu'ils avaient soufferts doublait leur force et leur ardeur
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