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in, et je les trouvai dans sa tente.
Seguin m'accueillit comme on accueille le porteur d'heureuses nouvelles.
Elles etaient sauves encore. Ce fut tout ce que je pus lui dire, et tout
ce qu'il voulait savoir. Nous n'avions pas de temps a perdre en vaines
paroles.
Cent hommes monterent immediatement a cheval et se dirigerent vers la
ravine. En arrivant a l'avant-poste, ils conduisirent leurs chevaux
derriere les rochers et se mirent en embuscade.
L'ordre etait de prendre tous les Indiens, morts ou vifs. On avait
pour instructions de laisser l'ennemi s'engager dans la ravine jusqu'au
dela de l'embuscade, de le suivre jusqu'en vue du corps d'armee et de le
prendre ainsi entre deux feux.
Au-dessus du cours d'eau, la ravine, etait rocheuse et les chevaux n'y
laissaient pas de traces. De plus, les Indiens, acharnes a ma poursuite,
ne s'inquieteraient pas de chercher des traces jusqu'a ce qu'ils fussent
arrives pres de l'eau. Du moment qu'ils auraient eu depasse l'embuscade,
pas un ne pourrait s'echapper, car le defile etait borde de chaque cote
par des rochers a pic. Quand les cent hommes furent partis, cent autres
monterent a cheval et se placerent en observation devant le passage.
L'attente ne fut pas longue. Nos arrangements etaient a peine termines,
qu'un Indien se montra a l'angle du rocher, a peu pres a deux cents yards
de la source. C'etait le premier de la bande des Indiens. Ceux-ci avaient
deja depasse l'embuscade, immobile et silencieuse. Le sauvage, voyant des
hommes armes, s'arreta brusquement; puis il poussa un cri, et courut en
arriere vers ses camarades. Ceux-ci suivirent son exemple, firent
volte-face; mais avant qu'ils eussent regagner la ravine, les cavaliers
caches, sortant du milieu des rochers, arrivaient sur eux au galop. Les
Indiens se voyant pris et reconnaissant la superiorite du nombre, jeterent
leurs lances et demanderent merci. Un instant apres, ils etaient tous
prisonniers. Tout cela n'avait pas pris une demi-heure, et nous
retournames vers la source avec nos captifs solidement garrottes.
Les chefs se reunirent autour de Seguin pour deliberer sur un plan
d'attaque contre la ville. Devions-nous partir cette nuit meme? On me
demanda mon avis; je repondis naturellement que le plus tot serait le
mieux pour le salut des captifs. Mes sentiments, partages par Seguin,
etaient opposes a tout delai. Nos camarades prisonniers devaient mourir le
lendemain; nous pouvions encore arriver a temps pour les
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