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e j'ai dit la verite.
Questionnez maintenant ce garcon sur ce que je vous ai avance.
On demanda au jeune Indien si nous avions brule la ville et si nous avions
fait du mal aux femmes et aux enfants. Aux deux questions, il repondit
negativement.
--Eh bien, dit Seguin, mon frere est-il satisfait?
Un temps assez long se passa sans qu'il fut fait de reponse. Les guerriers
se rassemblerent de nouveau en conseil et se mirent a gesticuler avec
violence et rapidite. Nous comprimes qu'il y avait un parti oppose a la
paix, et qui poussait a tenter la fortune de la guerre. Ce parti etait
compose des jeunes guerriers; et je remarquai que l'Indien costume en
hussard qui, comme Rube me l'apprit, etait le fils du grand chef,
paraissait etre le principal meneur de ceux-la. Si le grand chef n'eut pas
ete aussi vivement interesse au resultat des negociations, les conseils
belliqueux l'auraient emporte, car les guerriers savaient que ce serait
pour eux une honte parmi les tribus environnantes de revenir sans
prisonniers. De plus, il y en avait plusieurs parmi eux qui avaient un
autre motif pour les retenir; ils avaient jete les yeux sur les filles du
Del-Norte et lei avaient trouvees belles. Mais l'avis des anciens prevalut
enfin, et l'orateur reprit:
--Les guerriers Navajoes ont reflechi sur ce qu'ils ont entendu. Ils
pensent que le chef blanc a dit la verite; et ils consentent a l'echange
des prisonniers. Pour que les choses se passent d'une maniere convenable,
ils proposent que vingt guerriers soient choisis de chaque cote; que ces
guerriers laissent, en presence de tous, leurs armes sur la prairie;
qu'ils conduisent les captifs a l'extremite de la barranca, du cote de la
mine, et que la, ils debattent les conditions de l'echange. Que tous les
autres, des deux cotes, restent ou ils sont jusqu'a ce que les guerriers
sans armes soient revenus avec les prisonniers echanges; alors les
drapeaux blancs seront abattus, et les deux camps seront libres de tout
engagement. Telles sont les paroles des guerriers Navajoes.
Seguin dut prendre le temps de reflechir avant de repondre a cette
proposition. Elle paraissait assez avantageuse, mais il y avait dans ses
termes quelque chose qui nous faisait soupconner un dessein cache. La
derniere phrase indiquait chez l'ennemi l'intention formelle d'essayer de
reprendre les captifs qui allaient nous etre rendus; mais nous nous
inquietions peu de cela, pourvu que nous pussions les avoir une fois ave
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