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." Ils
continuerent quelque temps a gesticuler, declarant, d'un ton formel, qu'a
aucune condition, ils ne consentiraient a un echange si la reine n'en
faisait pas partie. Il etait facile de voir qu'ils attachaient une
importance mystique a la possession de leur reine. Entre elle et Dacoma
lui-meme, leur choix n'eut pas ete douteux.
Les exigences se produisaient d'une maniere si insultante que nous en
vinmes a nous rejouir interieurement de leur intention manifeste d'en
finir par une bataille. Les rifles, principal objet de leurs craintes,
n'etant pas la, ils se croyaient surs de la victoire.
Les chasseurs ne demandaient pas mieux que d'en venir aux mains, et se
sentaient egalement certains de l'emporter. Seulement, ils attendaient le
signal de leur chef. Seguin se tourna vers eux, et baissant la tete, car
il parlait debout, il leur recommanda a voix basse le calme et la
patience. Puis, couvrant ses yeux de sa main, il demeura quelques instants
plonge dans une meditation profonde.
Les chasseurs avaient pleine confiance dans l'intelligence aussi bien que
dans le courage de leur chef. Ils comprirent qu'il combinait un plan
d'action quelconque, et attendirent patiemment le resultat. De leur cote,
les Indiens ne se montraient nullement presses. Ils ne s'inquietaient pas
du temps perdu, esperant toujours l'arrivee de la bande de Dacoma. Ils
demeuraient tranquilles sur leurs sieges, echangeant leurs pensees par des
monosyllabes gutturaux ou de courtes phrases; quelques-uns coupaient de
temps en temps la conversation par des eclats de rire. Ils paraissaient
tout a fait a leur aise, et ne semblaient aucunement redouter la chance
d'un combat avec nous. Et, en verite, a considerer les deux partis, chacun
aurait dit que, homme contre homme, nous n'etions pas capables de leur
resister. Tous, a une ou deux exceptions pres, avaient six pieds de
taille, quelques-uns plus; tandis que la plupart de nos chasseurs etaient
petits et maigres. Mais c'etaient des hommes eprouves. Les Navajoes se
sentaient avantageusement armes pour un combat corps a corps. Ils savaient
bien aussi que nous n'etions pas sans defense; toutefois, ils ne
connaissaient pas la nature de nos armes. Ils avaient vu les couteaux
et les pistolets; mais ils pensaient qu'apres une premiere decharge
incertaine et mal dirigee, les couteaux ne seraient pas d'un grand secours
contre leurs terribles tomahawks. Ils ignoraient que plusieurs d'entre
nous,--El-Sol, Seguin, Gare
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