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is ou est le reste de la bande? Ils ne sont pas tous la.
--Ils ne sont pas loin, pour sur. St! st! je les entends qui viennent.
--La-bas, une masse! Regardez camarades, regardez!
A travers le brouillard qui commencait a s'elever, nous voyions s'avancer
un corps nombreux et epais de cavaliers. Ils accouraient en criant, en
hurlant, comme s'ils eussent conduit un troupeau de betail. En effet,
quand le brouillard se fut dissipe, nous vimes une grande quantite de
chevaux, de betes a cornes et des moutons, couvrant la plaine a une grande
distance. Derriere venaient les Indiens a cheval, qui galopaient ca et la,
pressant les animaux avec leurs lances et les poussant en avant.
--Seigneur Dieu! en voila un butin! s'ecria un des chasseurs.
--Oui, les gaillards ont fait quelque chose, eux, dans leur expedition.
Nous, nous revenons les mains vides comme nous sommes partis. Wagh!
Jusqu'a ce moment, j'avais ete occupe a harnacher mon cheval, et
j'arrivais alors. Mes yeux ne se porterent ni sur les Indiens ni sur les
bestiaux captures. Autre chose attirait mes regards, et le sang me
refluait au coeur. Loin, en arriere de la troupe qui s'avancait, un petit
groupe separe se montrait. Les vetements legers flottant au vent
indiquaient que ce n'etaient pas des indiens. C'etaient des femmes
captives! Il paraissait y en avoir environ une vingtaine, mais je
m'inquietai peu de leur nombre. Je vis qu'elles etaient a cheval et que
chacune d'elles etait gardee par un Indien egalement a cheval. Le coeur
palpitant, je les regardai attentivement l'une apres l'autre; mais la
distance etait trop grande pour distinguer les traits. Je me tournai vers
notre chef. Il avait l'oeil applique a sa lunette. Je le vis tressaillir;
ses joues devinrent pales, ses levres s'agiterent convulsivement, et la
lunette tomba de ses mains sur le sol. Il s'affaissa sur lui-meme d'un
air egare en s'ecriant:
--Mon Dieu! mon Dieu! vous m'avez encore frappe!
Je ramassai la lunette pour m'assurer de la verite. Mais je n'eus pas
besoin de m'en servir. Au moment ou je me relevais, un animal qui courait
le long du bord oppose frappa mes yeux.
C'etait mon chien Alp! je portai la lunette a mes yeux, et un instant
apres, je reconnaissais la figure de ma bien-aimee. Elle me paraissait si
rapprochee que je pus a peine m'empecher de l'appeler. Je distinguais ses
beaux traits couverts de paleur, ses joues baignees de larmes, sa riche
chevelure doree qui pendait, denouee
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