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instantanement dans l'air. La
ville aussi avait disparu; mais nous retrouvames les contours de plus
d'une forme singuliere dans les grandes roches stratifiees qui bordaient
la vallee. Nous ne fumes pas longtemps sans perdre de vue, egalement, les
bouquets d'arbres gigantesques. En revanche, nous vimes distinctement au
pied de la montagne, non loin de l'ouverture, une ceinture de saules verts
et peu eleves, mais des saules reels. Sous leur feuillage, on voyait
quelque chose qui brillait au soleil comme des paillettes d'argent,
_c'etait de l'eau!_ C'etait un bras du Prieto. Nos chevaux hennirent a cet
aspect; un instant apres, nous avions mis pied a terre sur le rivage, et
nous etions tous agenouilles aupres du courant.
XXXIV
LA MONTAGNE D'OR.
Apres une marche si penible, il etait necessaire de faire une halte plus
longue que d'habitude. Nous restames pres de l'arroyo tout le jour et
toute la nuit suivante. Mais les chasseurs avaient hate de boire les eaux
du Prieto lui-meme; le lendemain matin, nous levames le camp et primes
notre direction vers cette riviere. A midi, nous etions sur ses bords.
C'etait une singuliere riviere, traversant une region de montagnes mornes,
arides et desolees. Le courant s'etait fraye son chemin a travers ces
montagnes, y creusant plusieurs canons, et roulait ses flots dans un lit
presque partout inaccessible. Elle paraissait noire et sombre. Ou donc
etaient les sables d'or? Apres avoir suivi ses bords pendant quelque
temps, nous nous arretames a un endroit ou l'on pouvait gagner la rive.
Les chasseurs, sans s'occuper d'autre chose, franchirent promptement les
rochers et descendirent vers l'eau. C'est a peine s'ils prirent le temps
de boire. Ils fouillerent dans les interstices des rochers tombes des
hauteurs; ils ramasserent le sable avec leurs mains et se mirent a le
laver dans leurs tasses; ils attaquerent les roches quartzeuses a coups de
tomahawk et en ecraserent les fragments entre deux grosses pierres. Ils ne
trouverent pas une parcelle d'or. Ils avaient pris la riviere trop haut,
ou bien l'Eldorado se trouvait encore plus au nord.
Harasses, baignes de sueur, furieux, jurant et grognant, ils obeirent a
l'ordre de marcher en avant. Nous suivimes le cours du fleuve et nous nous
arretames, pour la nuit, a une autre place ou l'eau etait accessible pour
nos animaux. La, les chasseurs chercherent encore de l'or, et n'en
trouverent pas plus qu'auparavant. La contree aurifere etai
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