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Pantheon jusqu'aux sommets du Louvre,
Animant les marteaux, la scie et les leviers,
Et ne laissant dormir aucun de tes quartiers;
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Tes orchestres geants, tes fetes colossales,
Tout ce tumulte enfin, ce brillant coloris
Qui rend belle a ton front ta couronne, o Paris!
Cette voix, ainsi que son modele, a ses cris d'enthousiasme et de douleur,
de desolation et de dedain, d'admiration et de colere; mais elle ne se
confond pas avec toutes les autres. Ces emotions profondes du poete, elles
ne vibrent pas du meme son que les emotions de la multitude, elles ont un
accent etrange, inaccoutume, et qui, par sa dissonnance, les fait entendre
au-dessus de l'universelle clameur. Ce poete est un chretien agissant; il
possede ces vertus chretiennes qu'a ignorees le monde antique: il juge, il
condamne, mais il aime; il s'emeut des douleurs de l'humanite, de ses
vices, de ses erreurs, il sait ce que valent les _coeurs souffrants_, les
_coeurs aimes_; d'une voix douce et tendre il les encourage et les console;
il fait briller la lumiere immortelle aux yeux des faibles et des egares,
et il les entraine apres lui dans son aspiration vers Dieu.
VII
La mer.
=Brest.--Douarnenez.--Le bec du Raz.--Legende de la ville d'Is.=
Nous aimons tous la mer; tous, nous nous arretons avec admiration devant sa
plaine immense: nul qui, la premiere fois, ne soit remue a son aspect; nul
qui ne reve de la revoir une fois qu'il l'a vue. Pour quelques-uns elle est
une amie; des qu'ils y reviennent, de loin ils se hatent, comme on court
vers un etre cher apres son absence. En face de la mer, les ames tendres
sont plus reveuses, les esprits puissants plus meditatifs, les plus
insensibles meme s'etonnent. Sur un rocher, au bord des flots, les elegants
et les futiles du monde, aussi bien que les philosophes, s'asseoient et,
des heures entieres, immobiles, remplis d'idees inexprimees, demeurent la,
a la regarder.
Qu'y a-t-il donc de commun entre nous, o hommes, et la mer? quel charme ont
ces flots qui passent? quelle cause de cet universel attrait? Est-ce son
immensite? Le ciel aussi est immense, et il n'est donne qu'aux Augustin de
l'absorber dans sa contemplation de la serenite des cieux. Est-ce son
uniformite? Le desert aussi est uniforme, et on le traverse, on ne s'arrete
pas. Non, ce qui, en la mer, attire, attache, c'est le mouvement, parce
qu'il est l'image de l'action, de ce que cherch
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