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die en demi-cercle a la couronne de sa tonsure, un
chevalier a un fer de cheval bien fourni a l'entour et presque vide au
milieu. La plupart des villes importantes de Bretagne sont des ports, des
ports situes non pas sur le bord de la mer, mais a quelques lieues de
l'Ocean, sur de petites rivieres navigables ou le flot porte les navires.
Elles ont ainsi des villes du centre les beaux arbres et la verte campagne,
du port de mer l'animation et le mouvement; on y sent la mer voisine sans
la voir, son air apre et fortifiant. Dans quelques-unes (a Lezardrieux, a
Lannion) les deux rives sont reunies par un pont suspendu, haut, leger,
semblable a ces ponts de lianes des fleuves du Nouveau Monde, et sous
lequel passent les navires aux longs mats: lorsque soufflent les grands
vents de la mer, ils agitent et soulevent ce chemin aerien; on le voit
monter et descendre d'un mouvement uniforme comme une poitrine qui respire;
le pieton qui passe en chancelant sur cette planche tendue dans l'air, la
mer au-dessous de soi, se hate, luttant contre le vent et faisant le signe
de la croix, et, quand il l'a traversee, il entre au bout du pont, dans une
petite chapelle, rendre graces a Dieu.
La position de ces petites villes attire et plait; la partie principale est
batie le plus souvent sur une colline: a Quimperle, a Treguier, a Dinan,
apparait tout en haut la tour de l'eglise; autour sont groupees les
maisons; le port est au-dessous, la ville des marins et des pecheurs.
Autrefois elles etaient fortifiees; peu a peu elles ont rase leurs
remparts, et les deux cites se sont reunies. Quelques-unes cependant ont
garde leurs vieux murs. En arrivant a Guerande, on se trouve tout a coup
devant une ligne de hautes murailles; de distance en distance saillissent
de grosses tours renflees; une porte a creneaux et a meurtrieres s'ouvre
beante avec sa herse suspendue, les fosses sont encore remplis d'eau; c'est
veritablement une ville du XIVe siecle; on verrait se promener sur le
rempart un homme d'armes couvert de fer, et le pot en tete, on ne s'en
etonnerait pas.
La campagne qui entoure la ville est une vaste plaine seche, denudee; a
peine, ca et la, quelques arbres rabougris et ronges par le vent de la mer;
des plaques d'eau reluisent au soleil, decoupees en petits carres
reguliers, ce sont les marais salants; partout ailleurs, des monticules de
sable. Ce coin de terre aride rappellerait l'Afrique a un voyageur: la
plaine sablonneuse et brulee, le
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