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ssiere fine obscurcit l'eau du bocal; c'etait le residu de son
travail, la partie du roc pulverise ou elle avait penetre, dont elle se
debarrassait et qu'elle chassait au dehors. Et tour a tour le savant,
attentif et charme, surprend une a une les pholades accomplissant leur
patient ouvrage, et se creusant leur demeure, l'arrondissant et la
polissant, comme avec la rape la plus delicate, sans autre instrument que
leur coquille; et cette coquille, au lieu de se deteriorer par le
frottement continu, se developpe a mesure que le travail avance; a la scie
qui s'use une autre scie s'ajoute, puis une troisieme, une quatrieme, et
ainsi de suite jusqu'a _quarante_, que M. Caillaud a comptees, et avec
lesquelles le petit animal, a force de tourner et retourner sa frele
enveloppe, cette coquille que la pression d'un doigt d'enfant suffirait a
briser, perce a jour le granit sur lequel s'emousse un ciseau de fer!
phenomene admirable qui confond la sagesse humaine, et qui est un de ces
millions de miracles naturels que Dieu nous fait voir constamment dans la
creation!
Il se publiait, il y a peu de temps encore, deux revues a Nantes: la _Revue
des provinces de l'Ouest_, dirigee par M. Gueraud, avait choisi une
specialite precieuse, les documents inedits ou relatifs a l'histoire de la
Bretagne, que d'actifs et intelligents archeologues, MM. Gueraud, Fillon,
Marchegay, Duchatellier, tiraient des archives departementales, episcopales
et municipales et des collections particulieres, completant ainsi, pour la
province de Bretagne, la savante _Bibliotheque de l'Ecole des chartes_; de
plus un Bulletin bibliographique indiquait tous les ouvrages imprimes en
Bretagne ou concernant les departements de l'ouest, ou qui ont pour auteurs
des Bretons et des Poitevins. Cette revue n'existe plus.
La _Revue de Bretagne et de Vendee_ a ete fondee par M. de la Borderie, qui
a reuni autour de lui les hommes les plus distingues de la province. La on
retrouve plusieurs des ecrivains bretons qui ont acquis a Paris une juste
reputation par de grands travaux: MM. de Carne, de Courson, de la
Gournerie, de Courcy, de la Villemarque, etc.; a cote d'eux, de jeunes
hommes d'un talent deja mur, et qui seraient estimes sur un plus grand
theatre: M. Alf. Giraud, ancien eleve de l'Ecole des chartes, auteur de
notices sur Tiraqueau, Brisson, etc., ecrites d'un style tour a tour colore
de poesie et aiguise d'une pointe de raillerie gauloise; M. de Rochebrune,
qui cult
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