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rente_, accompagne de
documents puises aux sources les plus authentiques sur les heros de cette
lutte homerique, dont le glorieux souvenir est consacre par l'obelisque de
la lande de _Mi-Voie_.
Dans les grandes villes, les ressources d'erudition permettent
d'entreprendre des ouvrages etendus, comme les _Annales universelles_ de M.
Fourmont, a Nantes, immense volume in-folio divise en quinze ou vingt
colonnes, ou viennent se ranger cote a cote tous les peuples de la terre,
depuis la creation du monde. Il est facile de faire ces sortes de tables
synoptiques; mais ce qui est moins aise, et ce qui donne au livre de M.
Fourmont une valeur serieuse, c'est qu'il l'a compose a un point de vue
scientifique. Il y a la plusieurs annees de recherches laborieuses et une
lecture immense: il est au courant de toutes les decouvertes modernes, des
travaux des savants de l'Europe et des savants de Calcutta; Zend des
Persans, monuments du Mexique, Vedas des Indiens et Kings des Chinois, lui
sont aussi familiers que les traditions celtiques et les Eddas des
Scandinaves; aussi, a la lueur de ce faisceau de lumieres jaillissant de
tous les points, il a, on n'ose dire debrouille, mais eclaire le chaos des
premiers temps, la separation des peuples, leurs origines, leurs parentes,
leurs migrations. Puis, apres que, dans cette premiere partie, il a fait un
rapide precis des evenements, il reprend chaque periode, il en ecrit
l'histoire morale: religions, langues, moeurs, institutions, philosophies,
etc., dans la meme forme synoptique, de maniere a donner a la fois le
spectacle de la marche de chaque peuple separement, et du mouvement general
de l'humanite, jusqu'au jour ou le vieux monde vient, comme un grand
fleuve, se jeter, se confondre et s'epurer dans le christianisme.
La aussi, dans ces centres intellectuels, a Rennes, a Nantes, les etudes
historiques ont une physionomie plus vive; on y livre des batailles
d'erudition. Les ecrivains bretons, avec leur opiniatrete passee en
proverbe, et leur franchise ardente, qui n'est pas moins remarquable quand
ils traitent un point d'histoire conteste, prennent aussitot les armes,
attaquent et poussent devant eux, et frappent a coups redoubles tout
historien coupable d'erreur, jusqu'a ce qu'il tombe abattu. Ainsi, a
Rennes, M. Vert, M. de Kerdrel, qui a montre si clairement, si fortement,
le veritable esprit de la _Reforme en Bretagne_, a l'occasion de
l'_Histoire de la ligue en Bretagne_, par M. Grego
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