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des deductions generales; aussi ses travaux ont-ils porte
son nom hors de la province: ce n'est plus un savant de l'Ouest; Paris le
connait, et la Societe royale de Londres l'a nomme son correspondant.
D'autres, comme M. du Laurens de La Barre ou le docteur Fouquet,
recueillent les legendes populaires: La Fontaine avait bien raison de dire:
Si _Peau d'ane_ m'etait conte,
J'y prendrais un plaisir extreme.
Quoi de plus attachant, en effet, que ces recits legendaires ou se revelent
les usages du peuple, ses traditions, ses croyances, ses superstitions, ou
sont si bien unis le diable a l'homme et les saints aux affaires de la
terre, que le lecteur, entrevoyant vaguement ce qu'il y a de vrai, sans
pouvoir le preciser, jouit a la fois de la poesie du reve et du mysterieux
attrait de l'inconnu? Bien plus, jusqu'a quel point ne croyons-nous pas
nous-memes a ces histoires fantastiques? on ne saurait le dire. En voyant
la bonne foi, le ton serieux et convaincu du narrateur, en l'entendant
citer ses temoins, accumuler ses preuves, designer du doigt les monuments
du recit, on se demande qui se trompe ici, et si ce peuple, qui tout entier
atteste la verite de ces faits, n'a pas plus de bon sens que le sceptique
qui en rit. Il va sans dire que MM. Fouquet et du Laurens de la Barre ne
sont que les rapporteurs de ces legendes: M. de la Barre est plus
litteraire et plus moraliste, M. le docteur Fouquet plus naif; il ne raille
pas, on voit qu'il sait parfois a quoi s'en tenir, mais il ne fait pas de
reflexion qui vous desenchante; au contraire, il a le respect de ces
moeurs, de ces croyances; il venere les vieilles pierres, les lieux de
pelerinage, il raconte, comme un homme qui se plait a ce qu'il raconte, et
l'on se plait a l'ecouter[1].
[Note 1: Voir l'_Appendice_.]
La legende tient a la fois du conte, de l'archeologie et de l'histoire;
elle sert de transition a l'histoire proprement dite: cette vieille
province de Bretagne a conserve, avec sa foi, ses costumes et sa langue, un
profond sentiment national, et l'histoire est pour elle une maniere de
temoigner de son respect pour les ancetres. L'histoire de la Bretagne,
depuis les temps les plus recules, a ete examinee, discutee et racontee
sous toutes les formes: monographies de villes, biographies d'hommes
illustres, vies des saints, descriptions topographiques. Les ouvrages
publies recemment sont presque innombrables: en premiere ligne, la
_Biographie bretonne_, entr
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