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aux, carreaux histories, vieilles chartes, chroniques et
legendes, voila l'archeologie, et chacun de ces sujets suffit a absorber la
vie de plusieurs savants.
Une veritable armee d'erudits s'est repandue sur le vaste champ de
l'histoire, le fouillant a l'envi, ne laissant rien de cote. Bientot ils
n'ont plus travaille separement, ils se sont reunis; partout des societes
d'antiquaires se sont formees, et, tout d'abord, elles se sont signalees
par un eminent service, dont on ne saurait se montrer assez reconnaissant;
elles ont conserve nos vieux monuments. Il y avait une horde de
demolisseurs que l'opinion stigmatisait du nom de _bande noire_, mais qui
n'en continuait pas moins son oeuvre indigne, et faisait tomber
incessamment sur les eglises et les chateaux le marteau de la destruction.
C'est contre cette horde qu'entreprirent de lutter les antiquaires; ils se
placerent devant les monuments menaces, et declarerent qu'ils etaient la
pour les defendre. Le public etait indifferent; ils le reveillerent, en lui
expliquant ce qu'etaient ces vieux debris qu'il ne regardait meme pas, ils
accumulerent les recherches, repandirent la connaissance du moyen age,
developperent le gout; ils firent l'education de la bourgeoisie en art, en
histoire. L'argent manquait, ils contribuerent de leur bourse; ils etaient
sans soutien, ils firent appel aux sympathies, au souvenir des gloires
nationales. Le gouvernement ne put se dispenser de leur venir en aide, il
leur donna une part de son budget; il mit son sceau sur les monuments,
comme on couvre d'un manteau un pauvre. Devant cette protection inattendue,
la _bande noire_ recula, et ainsi furent sauves de la ruine, conserves et
restaures, une foule de chefs-d'oeuvre dont le sol de la France est
couvert, que l'on dedaignait, que l'on ne connaissait pas, et qui font
aujourd'hui l'objet de l'admiration des artistes, et des etudes des
savants.
On ne croit pas etre injuste envers les autres contrees de la France en
disant que la Bretagne se distingue entre toutes par son zele pour les
etudes historiques. Dans toutes les villes importantes, il existe une
societe archeologique; il n'est pas un bourg, pour ainsi dire, ou ne vive
un de ces patients, modestes et infatigables _chercheurs de pistes_, qui
s'appliquent a une partie speciale de l'histoire de leur pays et l'etudient
a fond: ainsi, M. Bizeul, de Blain, qui vient de mourir, a pris les voies
romaines, sur lesquelles il a emis parfois des hypo
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