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Bulletin mensuel, et elle compte plusieurs
hommes d'un merite distingue: M. l'abbe Fournier, cure de Saint-Nicolas,
ancien representant a l'Assemblee constituante, dont tout a l'heure on dira
l'oeuvre capitale; M. le baron de Girardot, secretaire general de la
prefecture, qui, mettant a profit un long sejour a Paris, la frequentation
des hommes eminents et le gout des etudes historiques, avec un zele actif,
une erudition vaste et variee, a entrepris des etudes serieuses sur la
Revolution, et a qui l'on doit un savant livre, _les Administrations
departementales de 1790 a l'an VIII_, ou l'experience de l'administrateur a
heureusement aide l'historien; M. Gueraud, M. Fillon, que nous avons deja
cites; M. Dugat-Matifeux, ardent investigateur des faits peu connus de
l'Histoire de l'Ouest, qui a publie une Etude sur l'historien Travers; des
savants, M. le docteur Guepin, qui s'occupe d'etudes d'oculistique; M.
Robiere, de chimie; M. Huette, de curieuses observations de meteorologie;
M. le docteur Foullon, antiquaire et collectionneur, qui a traite de
l'_Organisation de la medecine_ au point de vue des services publics, etc.
Mais le premier de tous est un savant illustre, qui n'appartient pas
seulement a la Bretagne, mais a la France, le celebre voyageur en Egypte,
M. Caillaud. Doue de l'esprit le plus sagace et le plus penetrant, il a
fait en histoire naturelle plusieurs decouvertes, une surtout, des plus
interessantes, pour laquelle la Hollande lui a decerne, il y a peu
d'annees, un prix extraordinaire, la decouverte du _procede de perforation
des pholades_. On avait jusqu'alors cru que les pholades, petits mollusques
tres-communs sur les cotes de Bretagne, employaient, pour percer le dur
granit ou elles vivent, un acide qu'elles distillaient a travers les valves
de leur coquille. M. Caillaud eut des doutes a ce sujet: il recueillit,
pres du Pouliguen, des pholades attachees a des morceaux de roc (gneiss),
les placa dans un bocal d'eau de mer incessamment renouvelee, et attendit
l'effet de leur travail. Huit jours, quinze jours se passerent sans que les
pholades donnassent signe de vie, lorsqu'une nuit il fut eveille par un
bruit de scie qui retentissait dans le bocal; il se leve, et, a la lueur
d'une lampe, il voit un des petits animaux se tournant et se retournant a
droite et a gauche, avec un mouvement regulier, a la maniere d'une vrille
qui perce un trou; puis, apres un certain temps, la pholade s'arrete, et un
jet de pou
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