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u seras sa _femme_, malgre tout... Tu m'as accorde juste de quoi desirer ce que tu lui donnes. Et puisque tu m'aimes, il faut m'appartenir. Je vois cela clair, clair... comme le jour qu'il fait. Et se rapprochant d'elle, plus pressant: -- Nous avons ete des fous, oui, des fous, toi et moi... Je ne veux pas, je ne veux pas qu'un autre t'aie, toi que je n'ai jamais eue. Cela ne sera pas. Laisse-moi te garder; je changerai ma vie, je travaillerai, je te ferai reine aussi, mieux que cet imbecile qui ne te comprend pas. Tu ris de ce que je dis ? Ah ! je saurai travailler, va, pour te garder... Je ferai n'importe quoi, mais je te garderai. Je volerai, je tuerai, mais je te garderai... Ah ! reste !... reste-moi !... Je ne peux pas !... Je ne peux pas !... Il s'abima aux pieds de la jeune fille, baisant ses pieds, roulant son front dans sa robe, enlacant les jambes rondes sous l'etoffe. Il ne pleurait pas, mais des sanglots sans larmes le secouaient. Il sentit la main de Maud qui le repoussait par l'epaule, fermement, de toute la force de ses nerfs contractes. Blesse a son tour dans son orgueil, devinant qu'il se perdait en suppliant, il se releva. -- Est-ce fini ? demanda Maud d'un ton de mepris. -- Ce n'est pas fini, replique Julien. Ce qui est fini, c'est cette comedie de mariage; cela ne sera pas, tu entends ? On ne se joue pas d'un homme comme tu t'es jouee de moi. Je ne veux pas de ce role, continua-t-il, exaspere par l'ironique silence de Maud... Je ne veux pas n'avoir ete (il haletait de colere et les mots se faussaient dans sa gorge), n'avoir ete... qu'un... qu'un... allumeur... -- Ah ! miserable !... Elle lui jeta sa main a la volee sur la bouche, comme pour y aplatir et y rentrer l'insulte. Mais Julien saisit cette main, la serra contre ses levres; de l'autre bras, il encerclait la taille de la jeune fille, et maintenait ainsi ce corps revolte, agite de soubresauts, tandis qu'il lui disait, si pres du visage qu'elle sentait l'effleurement des levres: -- Non... ce ne sera pas. Il faut que tu sois a moi. Tu as cru vraiment que je te laisserais aller ? Jamais... Tu es a moi ! Je te veux... Je t'aurai, meme de force ! -- Lache ! lache ! fit Maud. Laisse-moi... Il la serra plus fort, elle se sentit portee vers le canape ou les coussins recevraient sa chute... L'idee qu'elle allait etre prise malgre soi, possedee par la force, eperonna si rudement son orgueil qu'en cette minute elle hait Julien... De ses bras arc-boutes, de ses
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