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jambes violemment croisees, de ses ongles et de ses dents, elle se defendait, ne sachant meme plus ce qu'elle defendait, emballee dans la lutte instinctive de la vierge contre cet homme, presque son amant tant de fois deja. Lui, la tete perdue, vraiment frappe de frenesie, donnait toute sa force, insensible aux morsures et aux dechirures. Soudain, Maud poussa un cri. Sa main, que Julien appuyait contre sa gorge dans le desordre de la lutte, avait touche l'ardillon de la broche: le sang coula de la peau dechiree. Julien, aussitot degrise, lacha prise... Ce ne fut qu'une seconde, mais quand il voulut la reprendre, elle etait a l'autre bout du salon, renversant entre elle et lui les meubles en barricade. -- Maud !... voyons, dit Suberceaux, plus brise qu'elle par cette lutte... c'est de la folie... pourquoi ?... pourquoi pas ?... Il n'osait l'approcher, hypnotise par ce filet sanglant qui filtrait sur la peau blanche, et bientot s'etalait sur le dos de la main. Maud, sans le quitter des yeux, ouvrit la fenetre: -- Je te jure, dit-elle, la voix coupee par le haletement de sa respirations... que si... tu m'approches, je saute par la... Si je me tue... tant pis... Mais je ne me tuerai pas, ce n'est pas haut... je t'echapperai, je ne te reverrai plus... jamais... jamais... je te le jure. Il fit tout de meme un pas vers elle, et aussitot rala un cri de detresse: elle s'elancait... -- Maud ! -- Me crois-tu, a present ? lui dit-elle au bord du vide. Il recula; il s'effondra sur le canape, le front dans ses mains. Il etait vaincu, decidement; il l'aimait trop. Elle etait sa maitresse effroyablement, il devait obeir... Des larmes, pareilles a celles que verse une femme qui vient d'etre sauvee d'un peril, jaillirent abondamment de ses yeux. Lorsqu'il osa relever la tete, Maud etait debout pres de lui, calme. Cette fois encore, elle lui posa sa main sur le front, pour lui rendre la paix, la main adorable qu'il avait blessee. -- Maud... Maud cherie !... Il n'avait plus de force, plus de volonte, plus meme de desir. Il voulait seulement la garder pres de soi, garder ce qu'elle consentirait a lui laisser d'elle. -- Sage ?... murmura-t-elle. C'est bien; je te pardonne. Agenouillee pres de lui, elle le baisa longuement aux levres, lui sucant par la le reste de ses forces... -- Crois-moi, lui dit-elle... Nous avons ete raisonnables. Laisse-moi faire ta vie en meme temps que la mienne. Je n'aime que toi ! Elle se relevait, elle se g
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