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antait. Il voulut la suivre...
-- Non, reste la, commanda-t-elle... Adieu ! Ne viens pas a la maison: je t'ecrirai.
Il obeit.
Constant, descendant vers midi, inquiet de n'etre pas sonne par son maitre, osa penetrer dans le salon sans etre appele. Il trouva Julien dans la meme posture de prostration.
-- Monsieur dormait ?
-- Oui... Constant... Laissez-moi. Quand je voudrai dejeuner, je vous sonnerai.
Il n'avait pas dormi. Maud partie, il etait demeure la, assomme par ses pensees, l'esprit vague et actif... Il souffrait. En vain il essayait de reprendre pied dans la vie, de se rememorer les paroles anciennes par ou la jeune fille avait comme aneanti sa volonte: "Le monde appartient aux forts... Les etres qui nous sont inferieurs, il faut les brider et les chevaucher comme des betes..." En vain il se disait: "J'ai tenu Maud entre mes bras avant cet homme... J'ai en d'elle des caresses qu'il n'aura jamais." Le tressaillement revolte de la jalousie lui repondait: "Oui... mais elle sera SA FEMME..." et l'horrible image de Maud possedee par un autre s'evoquait... "Oh ! je souffre !... je souffre !..." Il souffrait: contre cela, il n'est pas d'argument ni de theorie qui vaillent... Certes, malgre sa souffrance, il restait incredule aux lois convenues; rien ne lui prouvait, toujours, qu'une moralite soit enclose dans les caresses, qu'il existe un bien et un mal dans l'amour humain.
Mais pourquoi, de sa souffrance meme, montait-il en lui un appel violent, desespere, vers cette loi tant de fois reniee, vers cette loi improuvable ?
TROISIEME PARTIE
I
-- Tu es reveillee ?
-- Oui. Entre, cherie.
Etiennette, la porte refermee derriere elle, courut embrasser Maud encore couchee. Leurs bouches et leurs mains se caressaient, avec cette tendresse a fleur de peau, demonstrative, empressee, complimenteuse, que les jolies femmes se temoignent volontiers, quand l'absence des hommes supprime entre elles la concurrence... Du reste, depuis qu'elles vivaient ensemble a Chamblais, leur amitie, puisee aux sources de l'ancienne intimite de couvent, s'etait echauffee dans les confidences, l'aveu des espoirs prochains, la communion des inquietudes. Toutes deux, Maud si resolue dans sa marche revoltee, Etiennette si rudement enseignee par la vie, restaient l'une pour l'autre de simples jeunes filles amies. Qui les eut entendues converser ensemble, eut, la plupart du temps, admire l'innocence de leurs propos, leur adorable puerilite.
Les c
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