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ment use la volonte, dissous le sens moral, derriere l'apparence facade d'ironie et d'insolence.
Courbe, chancelant, meconnaissable, Maud et Maxime le virent disparaitre au coude de l'allee. Ils etaient seuls. Si Maxime eut jamais senti flechir son courage, son vouloir de ne pas abdiquer, l'exemple effrayant de Suberceaux l'eut ranime. Ralliant toutes ses energies, il se redressa et sa voix ne tremblait pas trop quand il prononca:
-- C'est a mon tour de partir, n'est-ce pas ?
Ils se regarderent un instant. Sans savoir quoi, ils sentaient bien qu'ils avaient encore quelque chose a se dire; qu'ils ne se quitteraient pas ainsi. Maud, sans doute, pensait: "Il depend de moi de le reprendre... Essayerai-je ?" Mais sur cette ame d'aventuriere heroique, point vulgaire, bien que devoyee, la vue de Suberceaux effondre et fuyant avait eu le meme contre-coup que sur Maxime. Le mensonge la degouta subitement.
-- Ecoutez-moi, Maxime, dit-elle. Je ne veux vous dire qu'un seul mot. Je ne vous ai pas trompe: c'est cet homme qui a menti; je n'ai jamais ete sa maitresse. Vous me croirez, car j'ajoute qu'il m'a aimee, que je l'ai aime... que je l'aimais peut-etre encore hier. Donc, tout est fini, n'est-ce pas ? Je ne cherche pas a vous persuader, a vous retenir malgre vous.
Il n'est point d'amant sincere qui n'eut, a ces paroles, entrevu la lueur d'une esperance.
-- Alors, fit Maxime...
Et ses yeux, des yeux d'amant toujours, d'amant passionne, imploraient une explication complete, rassurante.
Pour la premiere fois peut-etre, Maud comprit le leurre de cette pretendue dignite personnelle qu'elle avait cru conserver parmi les compromis et les duperies. Il n'y avait pas moyen, l'eut-elle voulu, d'expliquer la verite a Maxime. Il eut fallu mentir, encore mentir.
-- Ce qui s'est passe entre lui et moi, reprit-elle, dans un violent besoin de sincerite, de rachat devant soi-meme, non... ne me le demandez pas. Je ne puis pas vous le dire. Il vaut mieux pour vous que vous ne restiez pas ici, que vous ne pensiez plus a moi.
L'horreur de la separation imminente fit palir Maxime. Une fois encore, il voulut esperer. Tous deux, lentement, s'etaient remis en marche vers le chateau:
-- Maud, je ne suis venu dans votre vie que depuis bien peu de temps. Le passe ne m'appartient pas, je n'ai pas de droit sur lui. Puisque... Puisqu'_il_ a menti, pourquoi me defendre de penser a vous ?
Elle le regarda, reprise d'hesitation, elle aussi... Ce fut une minute fatid
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