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particulier. Nous avons cause. J'ai un peu active Luc en lui declarant que j'en avais tout a fait assez de ma chastete professionnelle, que je ne demandais qu'a changer d'etat; je lui racontai que j'avais des insomnies, des reveils tres enerves...
-- Est-ce vrai ? demanda Hector.
-- Mais oui, mon cher, c'est vrai. Voila le plus drole de l'affaire. Tiens ! il parait que ca vous agite un peu, vous aussi, sage ami, ce que je vous raconte la ? Lestrange ne se tenait plus. Il me prenait les mains, balbutiant: "Jacqueline ! Jacqueline !" comme un amoureux de quinze ans... Je l'ai acheve en lui avouant que dans ces insomnies, dans ces enervements, c'etait a lui, Lestrange, que je pensais.
-- Et c'etait encore vrai ?
-- Encore. Ceci pour vous calmer, vous. Alors, mon amoureux, a bout de resistance, a pris brusquement son parti: "Jacqueline, je vous veux ! Vous savez que j'ai horreur du mariage: pourtant je suis pret a vous epouser. Seulement, je vous previens: j'ai peur d'etre un assez mauvais mari. J'ai besoin de la societe des femmes; meme marie avec une femme qui me passionne, comme vous, peut-etre ce besoin persistera-t-il. J'abhorre la chaine, l'entrave a la liberte. Serez-vous jalouse ?" Je lui ai ri au nez. "Jalouse, moi ? Ecoutez Luc, confiance pour confiance. Je ne suis pas folle du mariage, moi non plus; ce n'est pas moi qui l'ai invente; mais puisqu'on se declasse quand on ne se marie pas, je me marie. Vous concevez deja le respect que je professe pour l'institution. Vous me plaisez, je vous plais: epousons-nous, je crois que nous ferons tres bon menage ensemble, outre les petits moments particulierement agreables, qui n'ont qu'un temps, je le sais. Nous serons associes pour ces petits moments-la et aussi pour les interets serieux de la vie: vous vous y entendez, avec vos airs de libertin, et moi aussi, tout ecervelee que je parais. Hors cela, de part et d'autre, liberte complete. Je ne suis pas assez niaise pour imaginer qu'un viveur comme vous, qui ne peut pas voir une robe sans pamer, va devenir subitement chaste, ou meme fidele, apres le lunch de noces. Vous continuerez a courir, sans cesser pour cela de penser a moi, car vous etes de la variete qui cumule, vous. Moi, de mon cote, je ne demande pas mieux que d'etre une perle de fidelite, une Barberine. Mais que voulez-vous ? Ma petite experience m'a demontre que les Barberine ne se prodiguent plus dans la vie reelle. A quoi serviraient des promesses de resistance a une tentation que j'
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