FREE BOOKS

Author's List




PREV.   NEXT  
|<   96   97   98   99   100   101   102   103   104   105   106   107   108   109   110   111   112   113   114   115   116   117   118   119   120  
121   122   123   124   125   126   127   128   129   130   131   132   133   134   135   136   137   138   139   140   141   142   143   144   145   >>   >|  
our un an... la soeur a disparu..." Voila a quels raisonnements tient l'heroisme bourgeois des meilleurs d'entre nous. Quand Etiennette rentra chez elle, accompagnee par sa voisine, une certaine Mme Gravier, il etait cinq heures du matin environ, la nuit etait noire... -- Madame va un peu mieux, dit la petite bonne en ouvrant la porte, elle a l'air de dormir. -- Est-ce que le docteur est la ? demanda Mme Gravier. -- Oui. Etiennette, son manteau de bal jete au hasard sur un meuble, courut a la chambre. Elle se heurta au medecin qui en sortait, accompagne de la garde. C'etait un homme encore jeune, robuste et sanguin, a cheveux noirs pommades, a barbe noire. Il caressa du regard, en amateur, cette jolie fille decolletee, blonde et blanche. -- Madame est la fille de... ? demanda-t-il a la garde, qui fit "oui" de la tete. -- Mon Dieu ! madame... mademoiselle, du moins, reprit-il avec un sourire d'amabilite, j'ai vu la malade... Elle est assoupie en ce moment... Vous savez, n'est-ce pas, que le cas est serieux... Le coeur est bien pris... Enfin, je ne puis pas vous dire exactement... -- Enfin, docteur, interrompit la jeune fille avec un peu d'impatience, tout est-il desespere ? Dites-le-moi clairement. Je veux savoir. Il hesita encore, puis prenant son parti: -- Eh bien ! mademoiselle, puisque vous etes courageuse, oui... c'est la fin. Je suis tout a fait inutile ici. Il n'y a plus qu'a asseoir a cote du lit et a attendre... Votre mere, heureusement, ne souffrira pas trop, tout se passera sans secousses. Voila, mademoiselle. Etiennette, debout, ne repondit rien. Une grosse emotion indecise lui gonflait le coeur, sans faire monter encore les larmes a ses yeux. -- Dois-je aller... pour les sacrements ? demanda Mme Gravier. -- Oui, je vous en prie. -- Mademoiselle... fit le docteur. Il la salua, se frottant de nouveau le regard au frais eclat de la gorge nue. Etiennette rentra dans la chambre. Comme l'avait dit le medecin, Mathilde Duroy etait assoupie. Etiennette s'approcha du lit qu'une lampe, sur la table de nuit, eclairait vivement. Mathilde reposait sur le dos, la tete et le bras droit decouverts. Son corps, d'une ampleur normale jusqu'aux environs de la ceinture, bombait demesurement les couvertures, a la facon d'un difforme edredon qu'on eut installe sur les jambes. La face encadree par un joli bonnet de nuit tres blanc, d'ou sortaient quelques meches bizarrement nuancees, grises sous le blond artificiel d
PREV.   NEXT  
|<   96   97   98   99   100   101   102   103   104   105   106   107   108   109   110   111   112   113   114   115   116   117   118   119   120  
121   122   123   124   125   126   127   128   129   130   131   132   133   134   135   136   137   138   139   140   141   142   143   144   145   >>   >|  



Top keywords:

Etiennette

 
Gravier
 
demanda
 

encore

 
docteur
 
mademoiselle
 
assoupie
 

medecin

 

chambre

 

Mathilde


rentra
 
regard
 

Madame

 
Mademoiselle
 
sacrements
 

larmes

 
grosse
 

heureusement

 

souffrira

 

attendre


asseoir

 

passera

 

secousses

 

indecise

 

gonflait

 

emotion

 

frottant

 
debout
 
repondit
 

monter


reposait

 

jambes

 
installe
 

encadree

 

couvertures

 

demesurement

 

difforme

 

edredon

 

bonnet

 
grises

nuancees

 

artificiel

 

bizarrement

 

meches

 
sortaient
 

quelques

 

bombait

 

ceinture

 

approcha

 

eclairait