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pensa Le Tessier. Il me plait ainsi: rageur et jaloux." La jalousie de Maxime n'avait pas besoin de commentaire: les deux valseurs semblaient tellement faits l'un pour l'autre ! On sentait qu'ils devaient s'aimer. Leur valse, pourtant, etait correcte: rien des embrassements suspects, des valses-caresses auxquelles s'abandonnaient, tout a l'heure, Jacqueline, Dora, Juliette Avrezac, les petites Reversier. Suberceaux et Maud dansaient un peu a l'ecart l'un de l'autre: elle ne le touchait que par sa taille demi-appuyee sur le bras, par sa main effleurant la manche de l'habit, et les deux autres mains se frolaient a peine du bout des gants. Pourtant la symetrie, l'harmonie de leurs gestes etait si parfaite qu'ils semblaient rives, rien que par ces legers contacts, comme ces couples ailes qu'on voit, aux fins d'ete, voler unis, se touchant a peine, berces ensemble au remous de l'air. Leurs levres paraissaient ne point bouger; et cependant ils se parlaient. -- Etes-vous contente de moi ? demandait Suberceaux avec un calme ironique. -- Oh ! je ne suis contente qu'a demi. -- J'ai observe la consigne pourtant, je ne vous ai pas deranges. -- Vous etes un enfant boudeur, vous affectez de vous isoler: croyez-vous qu'on ne le remarque pas ? -- Comment ? Je n'ai pas quitte la petite Avrezac. -- Elle ne vous a pas quitte, dites plutot. Elle vous mangeait des yeux, pauvre petite !... elle et les autres femmes aussi, du reste. La Ucelli en pamait sur son estrade. Car ce soir, vous etes tres bien. Elle le caressa d'un regard d'amoureuse qui mit un leger voile de sang sur le masque pale de Julien. Il la serra imperceptiblement contre lui a un tournant du salon. -- Je vous adore, murmura-t-il. Vous avez ma vie, faites-en ce qu'il vous en plaira. -- Et moi, je t'aime ! je te veux ! repliqua-t-elle. Laisse-moi faire, ne sois pas jaloux. Chaque fois que tu seras tente, pense a notre chambre de la rue de Berne. Mais prends garde ! On nous voit. A l'evocation -- par cette bouche meme qui lui versait l'enervement et l'oubli -- de leurs plus poignantes caresses, il avait perdu une seconde la maitrise de soi; son bras avait serre la taille de Maud en amant. Ce fut une seconde, aussitot il se contint... La valse expirait. -- Ramene-moi a ma place, fit Maud. Nous nous verrons demain, a moins que la mere d'Etiennette soit plus gravement malade. D'ici la, songe a mes levres. Ils arreterent court leur tournoiement, pourtant sans brusquerie, aupres du
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