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mbattre une troisieme, plus
formidable que les precedentes.
Wurmser arrivait a la tete de soixante mille hommes. Trente mille
etaient tires du Rhin, et se composaient de troupes excellentes. Le
reste etait forme des debris de Beaulieu, et de bataillons venus de
l'interieur de l'Autriche. Plus de dix mille hommes etaient enfermes
dans Mantoue, sans compter les malades. Ainsi l'armee entiere se
composait de plus de soixante-dix mille hommes. Bonaparte en avait pres
de dix mille autour de Mantoue, et n'en pouvait opposer qu'environ
trente mille aux soixante qui allaient deboucher du Tyrol. Avec une
pareille inegalite de forces, il fallait une grande bravoure dans les
soldats, et un genie bien fecond dans le general, pour retablir la
balance.
La ligne de l'Adige, a laquelle Bonaparte attachait tant de prix, allait
devenir le theatre de la lutte. Nous avons deja donne les raisons pour
lesquelles Bonaparte la preferait a toute autre. L'Adige n'avait pas la
longueur du Po, ou des fleuves qui, se rendant dans le Po, confondent
leur ligne avec la sienne; il descendait directement dans la mer, apres
un cours de peu d'etendue; il n'etait pas gueable, et ne pouvait etre
tourne par le Tyrol, comme la Brenta, la Piave, et les fleuves plus
avances vers l'extremite de la Haute-Italie. Ce fleuve a ete le theatre
de si magnifiques evenemens, qu'il faut en decrire le cours avec quelque
soin[7].
[Footnote 7: Voyez la carte jointe a ce volume.]
Les eaux du Tyrol forment deux lignes, celle du Mincio et celle de
l'Adige, presque paralleles, et s'appuyant l'une l'autre. Une partie de
ces eaux forme dans les montagnes un lac vaste et allonge, qu'on appelle
le lac de Garda; elles en sortent a Peschiera pour traverser la plaine
du Mantouan, deviennent le Mincio, forment ensuite un nouveau lac autour
de Mantoue, et vont se jeter enfin dans le Bas-Po. L'Adige, forme des
eaux des hautes vallees du Tyrol, coule au-dela de la ligne precedente;
il descend a travers les montagnes parallelement au lac de Garda,
debouche dans la plaine aux environs de Verone, court alors
parallelement au Mincio, se creuse un lit large et profond jusqu'a
Legnago, et, a quelques lieues de cette ville, cesse d'etre encaisse,
et peut se changer en inondations impraticables, qui interceptent tout
l'espace compris entre Legnago et l'Adriatique. Trois routes s'offraient
a l'ennemi: l'une, franchissant l'Adige a la hauteur de Roveredo, avant
la naissance du lac de Garda,
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