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ps, comme s'ils avaient espere l'envelopper, et
ne s'etaient mis nulle part en mesure de lui resister. Saint-Cyr trouva
a peine un detachement au Val-d'Enfer, passa sans peine a Neustadt,
et arriva a Fribourg. Les deux ailes le suivirent immediatement, et
deboucherent a travers cet affreux defile, dans la vallee du Rhin,
plutot avec l'attitude d'une armee victorieuse qu'avec celle d'une armee
en retraite. Moreau etait rendu dans la vallee du Rhin le 21 vendemiaire
(12 octobre). Au lieu de repasser le Rhin au pont de Brissach, et de
remonter, en suivant la rive francaise, jusqu'a Strasbourg, il voulut
remonter la rive droite jusqu'a Kehl, en presence de toute l'armee
ennemie. Soit qu'il voulut faire un retour plus imposant, soit qu'il
esperat se maintenir sur la rive droite, et couvrir Kehl en s'y portant
directement, ces raisons ont paru insuffisantes pour hasarder une
bataille. Il pouvait, en repassant le Rhin a Brissach, remonter
librement a Strasbourg, et deboucher de nouveau par Kehl. Cette tete
de pont pouvait resister assez longtemps pour lui donner le temps
d'arriver. Vouloir marcher au contraire en face de l'armee ennemie, qui
venait de se reunir tout entiere sous l'archiduc, et s'exposer ainsi
a une bataille generale, avec le Rhin a dos, etait une imprudence
inexcusable, maintenant qu'on n'avait plus le motif, ni de l'offensive a
prendre, ni d'une retraite a proteger. Le 28 vendemiaire (19 octobre),
les deux armees se trouverent en presence sur les bords de l'Elz, de
Valdkirch a Emmendingen. Apres un combat sanglant et varie, Moreau
sentit l'impossibilite de percer jusqu'a Kehl, en suivant la rive
droite, et resolut de passer sur le pont de Brissach. Ne croyant pas
neanmoins pouvoir faire passer toute son armee sur ce pont, de peur
d'encombrement, et voulant envoyer au plus tot des forces a Kehl, il fit
repasser Desaix avec la gauche par Brissach, et retourna vers Huningue
avec le centre et la droite. Cette determination a ete jugee non moins
imprudente que celle de combattre a Emmendingen; car Moreau, affaibli
d'un tiers de son armee, pouvait etre tres compromis. Il comptait, il
est vrai, sur une tres belle position, celle de Schliengen, qui couvre
le debouche d'Huningue, et sur laquelle il pouvait s'arreter et
combattre, pour rendre son passage plus tranquille et plus sur. Il s'y
replia en effet, s'y arreta le 3 brumaire (24 octobre), et livra un
combat opiniatre et balance. Apres avoir, par cette journee de co
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