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Le 11 brumaire (1er novembre) le marechal Alvinzy ayant jete des ponts
sur la Piave, s'etait avance sur la Brenta. Le plan des Autrichiens,
cette fois, etait d'attaquer a la fois par les montagnes du Tyrol et
par la plaine. Davidovich devait chasser Vaubois de ses positions, et
descendre le long des deux rives de l'Adige jusqu'a Verone. Alvinzy, de
son cote, devait passer la Piave et la Brenta, s'avancer sur l'Adige,
entrer a Verone avec le gros de l'armee, et s'y reunir a Davidovich. Les
deux armees autrichiennes devaient partir de ce point, pour marcher de
concert au deblocus de Mantoue et a la delivrance de Wurmser.
Alvinzy, apres avoir passe la Piave, s'avanca sur la Brenta, ou Massena
etait poste avec sa division; celui-ci ayant reconnu la force de
l'ennemi, se replia. Bonaparte marcha a son appui avec la division
Augereau. Il prescrivit en meme temps a Vaubois de contenir Davidovich
dans la vallee du Haut-Adige, et de lui enlever, s'il le pouvait, sa
position du Lavis. Il marcha lui-meme sur Alvinzy, resolu, malgre la
disproportion des forces, de l'attaquer impetueusement, et de le rompre
des l'ouverture meme de cette nouvelle campagne. Il arriva le 16
brumaire au matin (6 novembre) a la vue de l'ennemi. Les Autrichiens
avaient pris position en avant de la Brenta, depuis Carmignano jusqu'a
Bassano; leurs reserves etaient restees en arriere, au-dela de la
Brenta. Bonaparte porta sur eux toutes ses forces. Massena attaqua
Liptai et Provera devant Carmignano; Augereau attaqua Quasdanovich
devant Bassano. L'affaire fut chaude et sanglante; les troupes
deployerent une grande bravoure. Liptai et Provera furent rejetes
au-dela de la Brenta par Massena; Quasdanovich fut repousse sur Bassano
par Augereau. Bonaparte aurait voulu entrer le jour meme dans Bassano,
mais l'arrivee des reserves autrichiennes l'en empecha. Il fallut
remettre l'attaque au lendemain. Malheureusement il apprit dans la nuit
que Vaubois venait d'essuyer un revers sur le Haut-Adige. Ce general
avait bravement attaque les positions de Davidovich, et avait obtenu un
commencement de succes; mais une terreur panique s'etait emparee de ses
troupes malgre leur bravoure eprouvee, et elles avaient fui en desordre.
Il les avait enfin ralliees dans ce fameux defile de Calliano, ou
l'armee avait deploye tant d'audace dans l'invasion du Tyrol; il
esperait s'y maintenir, lorsque Davidovich, dirigeant un corps sur
l'autre rive de l'Adige, avait deborde Calliano
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