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une division de huit mille hommes devant
Mantoue. Bonaparte partit avec vingt-huit mille, et remonta par les
trois routes du Tyrol, celle qui circule derriere le lac de Garda, et
les deux qui longent l'Adige. Le 17 fructidor (3 septembre), la division
Sauret, devenue division Vaubois, apres avoir circule par derriere le
lac de Garda, et livre plusieurs combats, arriva a Torbole, la pointe
superieure du lac. Le meme jour, les divisions Massena et Augereau, qui
longeaient d'abord les deux rives de l'Adige, et qui s'etaient ensuite
reunies sur la meme rive par le pont de Golo, arriverent devant
Seravalle. Elles livrerent un combat d'avant-garde, et firent quelques
prisonniers a l'ennemi.
Les Francais avaient a remonter maintenant une vallee etroite et
profonde: a leur gauche etait l'Adige, a leur droite des montagnes
elevees. Souvent le fleuve, serrant le pied des montagnes, ne laissait
que la largeur de la chaussee, et formait ainsi d'affreux defiles a
franchir. Il y en avait plus d'un de ce genre, pour penetrer dans le
Tyrol. Mais les Francais, audacieux et agiles, etaient aussi propres a
cette guerre qu'a celle qu'ils venaient de faire dans les vastes plaines
du Mantouan. Davidovich avait place deux divisions, l'une au camp de
Mori, sur la rive droite de l'Adige, pour faire tete a la division
Vaubois qui remontait la chaussee de Salo a Roveredo, par derriere le
lac de Garda: l'autre a San-Marco, sur la rive gauche, pour garder le
defile contre Massena et Augereau. Le 18 fructidor (4 septembre), on se
trouva en presence. C'etait la division Wukassovich qui defendait le
defile de San-Marco. Bonaparte, saisissant sur-le-champ le genre de
tactique convenable aux lieux, forme deux corps d'infanterie legere,
et les distribue a droite et a gauche, sur les hauteurs environnantes;
puis, quand il a fatigue quelque temps les Autrichiens, il forme la
dix-huitieme demi-brigade en colonne serree par bataillons, et ordonne
au general Victor de percer avec elle le defile. Un combat violent
s'engage; les Autrichiens resistent d'abord; mais Bonaparte decide
l'action, en ordonnant au general Dubois de charger a la tete des
hussards. Ce brave general fond sur l'infanterie autrichienne, la rompt,
et tombe perce de trois balles. On l'emporte expirant. "Avant que je
meure, dit-il a Bonaparte, faites-moi savoir si nous sommes vainqueurs.
" De toutes parts les Autrichiens fuient et se retirent a Roveredo,
situe a une lieue de Marco; on les po
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