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au directoire pour reparer ses pertes, et se tint a l'entree des gorges
du Tyrol, pret a fondre sur Wurmser, et a detruire les restes de son
armee, des qu'il apprendrait que Moreau avait passe le Danube.
Pendant que ces grands evenemens se passaient en Italie, il s'en
preparait d'autres sur le Danube. Moreau avait pousse l'archiduc pied
a pied, et etait arrive dans le milieu de thermidor (premiers jours
d'aout) sur le Danube. Jourdan se trouvait sur la Naab, qui tombe dans
ce fleuve. La chaine de l'Alb, qui separe le Necker du Danube, se
compose de montagnes de moyenne hauteur, terminees en plateaux,
traversees par des defiles etroits comme des fissures de rochers. C'est
par ces defiles que Moreau avait debouche sur le Danube, dans un pays
inegal, coupe de ravins et couvert de bois. L'archiduc, qui nourrissait
le dessein de se concentrer sur le Danube, et de reprendre force sur
cette ligne puissante, forma tout a coup une resolution qui faillit
compromettre ses sages projets. Il apprenait que Wartensleben, au lieu
de se replier sur lui, le plus pres possible de Donawert, se repliait
vers la Boheme, dans la sotte pensee de la couvrir; il craignait que,
profitant de ce faux mouvement, qui decouvrait le Danube, l'armee de
Sambre-et-Meuse ne voulut en tenter le passage. Il voulait donc le
passer lui-meme, pour filer rapidement sur l'autre rive, et aller faire
tete a Jourdan. Mais le fleuve etait encombre de ses magasins, et il
lui fallait encore du temps pour les faire evacuer; il ne voulait pas
d'ailleurs executer le passage sous les yeux de Moreau et trop pres de
ses coups, et il songea a l'eloigner en lui livrant la bataille avec le
Danube a dos: mauvaise pensee dont il s'est blame severement depuis,
car elle l'exposait a etre jete dans le fleuve, ou du moins a ne pas y
arriver entier, condition indispensable pour le succes de ses projets
ulterieurs.
Le 24 thermidor (11 aout), il s'arreta devant les positions de Moreau,
pour lui livrer une attaque generale. Moreau etait a Neresheim, tenant
les positions de Dunstelkingen et de Dischingen par sa droite et son
centre, et celle de Nordlingen par sa gauche. L'archiduc, voulant
d'abord l'ecarter du Danube, puis le couper, s'il etait possible, des
montagnes par lesquelles il avait debouche, et enfin l'empecher de
communiquer avec Jourdan, l'attaqua, pour arriver a toutes ses fins, sur
tous les points a la fois. Il parvint a tourner la droite de Moreau, en
dispersant ses fl
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