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, et tourne la position.
Vaubois annoncait qu'il se retirait pour n'etre pas coupe, et exprimait
la crainte que Davidovich ne l'eut devance aux importantes positions de
la Corona et de Rivoli, qui couvrent la route du Tyrol, entre l'Adige et
le lac de Garda.
Bonaparte sentit des lors le danger de s'engager davantage contre
Alvinzy, lorsque Vaubois, qui etait avec sa gauche dans le Tyrol,
pouvait perdre la Corona, Rivoli, et meme Verone, et etre rejete dans la
plaine. Bonaparte eut alors ete coupe de son aile principale, et place
avec quinze ou seize mille hommes entre Davidovich et Alvinzy. En
consequence il resolut de se replier sur-le-champ. Il ordonna a un
officier de confiance de voler a Verone, d'y reunir tout ce qu'il
pourrait trouver de troupes, de les porter a Rivoli et a la Corona, afin
d'y prevenir Davidovich et de donner a Vaubois le temps de s'y retirer.
Le lendemain 17 brumaire (7 novembre), il rebroussa chemin, et traversa
la ville de Vicence, qui fut etonnee de voir l'armee francaise se
retirer apres le succes de la veille. Il se rendit a Verone, ou il
laissa toute son armee. Il remonta seul a Rivoli et a la Corona, ou tres
heureusement il trouva les troupes de Vaubois ralliees, et en mesure de
tenir tete a une nouvelle attaque de Davidovich. Il voulut donner une
lecon aux trente-neuvieme et quatre-vingt-cinquieme demi-brigades, qui
avaient cede a une terreur panique. Il fit assembler toute la division,
et, s'adressant a ces deux demi-brigades, il leur reprocha leur
indiscipline et leur fuite. Il dit ensuite au chef d'etat-major:
"Faites ecrire sur les drapeaux que la trente-neuvieme et la
quatre-vingt-cinquieme ne font plus partie de l'armee d'Italie." Ces
expressions causerent aux soldats de ces deux demi-brigades le plus
violent chagrin; ils entourerent Bonaparte, lui dirent qu'ils s'etaient
battus un contre trois, et lui demanderent a etre envoyes a son
avant-garde, pour faire voir s'ils n'etaient plus de l'armee d'Italie.
Bonaparte les dedommagea de sa severite par quelques paroles
bienveillantes, qui les transporterent, et les laissa disposes a venger
leur honneur par une bravoure desesperee.
Il ne restait plus a Vaubois que huit mille hommes, sur les douze mille
qu'il avait avant cette echauffouree. Bonaparte les distribua le mieux
qu'il put dans les positions de la Corona et de Rivoli, et, apres s'etre
assure que Vaubois pourrait tenir la quelques jours, et couvrir notre
gauche et nos derrie
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