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pour faire face aux Francais qui debouchaient de Medolano. Il
porta le reste de sa seconde ligne en arriere, pour couvrir Cauriana, et
continua ainsi a faire tete a l'ennemi. Mais Bonaparte, saisissant le
moment avec sa promptitude accoutumee, cesse aussitot de refuser sa
gauche et son centre; il donne a Massena et Augereau le signal qu'ils
attendaient impatiemment. Massena, avec la gauche, Augereau, avec le
centre, fondent sur la ligne affaiblie des Autrichiens, et la chargent
avec impetuosite. Attaquee si brusquement sur tout son front, menacee
sur sa gauche et ses derrieres, elle commence a ceder le terrain.
L'ardeur des Francais redouble. Wurmser, voyant son armee compromise,
donne alors le signal de la retraite. On le poursuit en lui faisant
des prisonniers. Pour le mettre dans une deroute complete, il fallait
redoubler de celerite, et le pousser en desordre sur le Mincio. Mais,
depuis six jours, les troupes marchaient et se battaient sans relache;
elles ne pouvaient plus avancer, et coucherent sur le champ de bataille.
Wurmser n'avait perdu que deux mille hommes ce jour-la, mais il n'en
avait pas moins perdu l'Italie.
Le lendemain Augereau se porta au pont de Borghetto, et Massena devant
Peschiera. Augereau engagea une canonnade qui fut suivie de la retraite
des Autrichiens; et Massena livra un combat d'arriere-garde a la
division qui avait masque Peschiera. Le Mincio fut abandonne par
Wurmser; il reprit la route de Rivoli, entre l'Adige et le lac de Garda,
pour rentrer dans le Tyrol. Massena le suivit a Rivoli, a la Corona, et
reprit ses anciennes positions. Augereau se presenta devant Verone. Le
provediteur venitien, pour donner aux Autrichiens le temps d'evacuer la
ville et de sauver leurs bagages, demandait deux heures de temps avant
d'ouvrir les portes; Bonaparte les fit enfoncer a coups de canon. Les
Veronais, qui etaient devoues a la cause de l'Autriche, et qui avaient
manifeste hautement leurs sentimens au moment de la retraite des
Francais, craignaient le courroux du vainqueur; mais il fit observer a
leur egard les plus grands menagemens.
Du cote de Salo et de la Chiesa, Quasdanovich faisait une retraite
penible par derriere le lac de Garda. Il voulut s'arreter et defendre
le defile dit la Rocca-d'Anfo; mais il fut battu, et perdit douze cents
hommes. Bientot les Francais eurent repris toutes leurs anciennes
positions.
Cette campagne avait dure six jours; et dans ce court espace de temps,
trente et
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