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n en Italie; mais s'il avait un peu moins a
craindre les princes de cette contree, le danger du cote de l'Autriche
ne faisait que s'accroitre, et ses forces pour y parer etaient toujours
aussi insuffisantes. La quatre-vingt-troisieme demi-brigade et la
quarantieme etaient toujours retenues dans le Midi. Il avait douze mille
hommes dans le Tyrol sous Vaubois, ranges en avant de Trente sur le bord
du Lavis; seize ou dix-sept mille a peu pres sous Massena et Augereau,
sur la Brenta et l'Adige; huit ou neuf mille enfin devant Mantoue; ce
qui portait son armee a trente-six ou trente-huit mille hommes environ.
Davidovich, qui etait reste dans le Tyrol apres le desastre de Wurmser,
avec quelques mille hommes, en avait maintenant dix-huit mille. Alvinzy
s'avancait du Frioul sur la Piave avec environ quarante mille. Bonaparte
etait donc fort compromis; car, pour resister a soixante mille hommes,
il n'en avait que trente-six mille, fatigues par une triple campagne,
et diminues tous les jours par les fievres qu'ils gagnaient dans les
rizieres de la Lombardie. Il l'ecrivait avec chagrin au directoire, et
lui disait qu'il allait perdre l'Italie.
Le directoire, voyant le peril de Bonaparte, et ne pouvant pas arriver
assez tot a son secours, songea a suspendre sur-le-champ les hostilites
par le moyen d'une negociation. Malmesbury etait a Paris, comme on
vient de le voir. Il attendait la reponse de son gouvernement aux
communications du directoire, qui avait exige qu'il eut des pouvoirs
de toutes les puissances, et qu'il s'exprimat plus clairement sur le
principe des compensations de conquetes. Le ministere anglais, apres
dix-neuf jours, venait enfin de repondre le 24 brumaire (14 novembre)
que les pretentions de la France etaient inusitees, qu'il etait permis a
un allie de demander a traiter au nom de ses allies, avant d'avoir leur
autorisation en forme; que l'Angleterre etait assuree de l'obtenir, mais
qu'auparavant il fallait que la France s'expliquat nettement sur le
principe des compensations, principe qui etait la seule base sur
laquelle la negociation put s'ouvrir. Le cabinet anglais ajoutait que la
reponse du directoire etait pleine d'insinuations peu decentes sur les
intentions de sa majeste britannique, qu'il etait au-dessous d'elle d'y
repondre, et qu'elle voulait ne pas s'y arreter, pour ne pas entraver
la negociation. Lejour meme, le directoire, qui voulait etre prompt et
categorique, repondit a lord Malmesbury qu'il admet
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