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ix ou sept mille tues ou blesses. Ainsi cette
armee venait des perdre encore une vingtaine de mille hommes en dix
jours, outre un materiel considerable. Bonaparte en avait perdu sept ou
huit mille, dont quinze cents prisonniers, et le reste tue, blesse, ou
malade. Ainsi, aux armees de Colli et de Beaulieu, detruites en entrant
en Italie, il fallait ajouter celle de Wurmser, detruite en deux fois,
d'abord dans les plaines de Castiglione, et ensuite sur les rives de la
Brenta. Aux trophees de Montenotte, de Lodi, de Borghetto, de Lonato, de
Castiglione, il fallait donc joindre ceux de Roveredo, de Bassano et de
Saint-George. A quelle epoque de l'histoire avait-on vu de si grands
resultats, tant d'ennemis tues, tant de prisonniers, de drapeaux, de
canons enleves! Ces nouvelles repandirent de nouveau la joie dans la
Lombardie, et la terreur dans le fond de la peninsule. La France fut
transportee d'admiration pour le general de l'armee d'Italie.
Nos armes etaient moins heureuses sur les autres theatres de la guerre.
Moreau s'etait avance sur le Lech, comme on l'a vu, dans l'espoir que
ses progres en Baviere rameneraient l'archiduc et degageraient
Jourdan. Cet espoir etait peu fonde, et l'archiduc aurait mal juge de
l'importance de son mouvement, s'il se fut detourne de son execution
pour revenir vers Moreau. Toute la campagne dependait de ce qui allait
se passer sur le Mein. Jourdan battu, et ramene sur le Rhin, les progres
de Moreau ne faisaient que le compromettre davantage, et l'exposer a
perdre sa ligne de retraite. L'archiduc se contenta donc de renvoyer
le general Nauendorff, avec deux regimens de cavalerie et quelques
bataillons, pour renforcer Latour, et continua sa poursuite de l'armee
de Sambre-et-Meuse.
Cette brave armee se retirait avec le plus vif regret, et en conservant
tout le sentiment de ses forces. C'est elle qui avait fait les plus
grandes et les plus belles choses, pendant les premieres annees de la
revolution; c'est elle qui avait vaincu a Watignies, a Fleurus, aux
bords de l'Ourthe et de la Roer. Elle avait beaucoup d'estime pour son
general, et une grande confiance en elle-meme. Cette retraite ne l'avait
point decouragee, et elle etait persuadee qu'elle ne cedait qu'a des
combinaisons superieures, et a la masse des forces ennemies. Elle
desirait ardemment une occasion de se mesurer avec les Autrichiens et
de retablir l'honneur de son drapeau. Jourdan le desirait aussi. Le
directoire lui ecrivait qu
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