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vivait de ces soumissions, ainsi que des denrees provenant de l'emprunt,
et des promesses de paiement faites par les ministres. On venait de
faire le budget pour l'an V, divise en depenses ordinaires et en
depenses extraordinaires. Les depenses ordinaires montaient a 450
millions; les autres a 550. La contribution fonciere, les douanes,
le timbre et tous les produits annuels, devaient assurer la depense
ordinaire. Les 550 millions de l'extraordinaire etaient suffisamment
couverts par l'arriere des impots de l'an IV et de l'emprunt force, et
par les paiements qui restaient a faire sur les biens vendus. On avait
en outre la ressource des biens que la republique possedait encore; mais
il fallait realiser tout cela, et c'etait toujours la meme difficulte.
Les fournisseurs non payes refusaient de continuer leurs avances, et
tous les services manquaient a la fois. Les fonctionnaires publics, les
rentiers n'etaient pas payes, et mouraient de faim.
Ainsi l'isolement de l'armee d'Italie, et nos finances, pouvaient donner
de grandes esperances a nos ennemis. Du projet de quadruple alliance,
forme par le directoire, entre la France, l'Espagne, la Porte et Venise,
il n'etait resulte encore que l'alliance avec l'Espagne. Celle-ci,
entrainee par nos offres et notre brillante fortune au milieu de l'ete,
s'etait decidee, comme on l'a vu, a renouveler avec la republique le
pacte de famille, et elle venait de faire sa declaration de guerre a
la Grande-Bretagne. Venise, malgre les instances de l'Espagne et les
invitations de la Porte, malgre les victoires de Bonaparte en Italie,
avait refuse de s'unir a la republique. On lui avait vainement
represente que la Russie en voulait a ses colonies de la Grece, et
l'Autriche a ses provinces d'Illyrie; que son union avec la France et
la Porte, qui n'avaient rien a lui envier, la garantirait de ces deux
ambitions ennemies; que les victoires reiterees des Francais sur l'Adige
devaient la rassurer contre un retour des armees autrichiennes et contre
la vengeance de l'empereur; que le concours de ses forces et de sa
marine rendrait ce retour encore plus impossible; que la neutralite au
contraire ne lui ferait aucun ami, la laisserait sans protecteur, et
l'exposerait peut-etre a servir de moyens d'accommodement entre les
puissances belligerantes. Venise, pleine de haine contre les Francais,
faisant des armemens evidemment destines contre eux, puisqu'elle
consultait le ministere autrichien sur le cho
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