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s que sa maladresse et
son mauvais esprit provoquaient dans les provinces de son commandement.
Kellermann ne pouvait guere degarnir sa ligne, car il devait toujours
etre pret a contenir Lyon et les environs, ou les compagnies de
Jesus commettaient des assassinats. Bonaparte demandait la
quatre-vingt-troisieme et la quarantieme brigade, formant a peu pres six
mille hommes de bonnes troupes, et repondait de tout si elles arrivaient
a temps.
Il se plaignait qu'on ne l'eut pas charge de negocier avec Rome, parce
qu'il aurait attendu, pour signifier l'ultimatum, le paiement de la
contribution. "Tant que votre general, disait-il, ne sera pas le
centre de tout en Italie, tout ira mal. Il serait facile de m'accuser
d'ambition; mais je n'ai que trop d'honneur; je suis malade, je puis
a peine me tenir a cheval, il ne me reste que du courage, ce qui est
insuffisant pour le poste que j'occupe. On nous compte, ajoutait-il; le
prestige de nos forces disparait. Des troupes, ou l'Italie est perdue!"
Le directoire, sentant la necessite de priver Rome de l'appui de Naples,
et d'assurer les derrieres de Bonaparte, conclut enfin son traite avec
la cour des Deux-Siciles. Il se desista de toute demande particuliere,
et de son cote, cette cour, que nos dernieres victoires sur la Brenta
avaient intimidee, qui voyait l'Espagne faire cause commune avec la
France, et qui craignait de voir les Anglais chasses de la Mediterranee,
acceda au traite. La paix fut signee le 19 vendemiaire (10 octobre). Il
fut convenu que le roi de Naples retirerait toute espece de secours aux
ennemis de la France, et qu'il fermerait ses ports aux vaisseaux armes
des puissances belligerantes. Le directoire conclut ensuite son traite
avec Genes. Une circonstance particuliere en hata la conclusion: Nelson
enleva un vaisseau francais a la vue des batteries genoises; cette
violation de la neutralite compromit singulierement la republique de
Genes; le parti francais qui etait chez elle se montra plus hardi, le
parti de la coalition plus timide; il fut arrete qu'on s'allierait a la
France. Les ports de Genes furent fermes aux Anglais. Deux millions nous
furent payes en indemnite pour la fregate _la Modeste_, et deux autres
millions fournis en pret. Les familles feudataires ne furent pas
exilees, mais tous les partisans de la France expulses du territoire
et du senat furent rappeles et reintegres. Le Piemont fut de nouveau
sollicite de conclure une alliance offensive et defe
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