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ursuit au pas de course. Roveredo
est a une certaine distance de l'Adige; Bonaparte dirige Rampon, avec
la trente-deuxieme, vers l'espace qui separe le fleuve de la ville; il
porte Victor, avec la dix-huitieme, sur la ville meme. Celui-ci entre
au pas de charge dans la grande rue de Roveredo, balaie les Autrichiens
devant lui, et arrive a l'autre extremite de la ville, a l'instant ou
Rampon en achevait le circuit exterieur. Pendant que l'armee principale
emportait ainsi San-Marco et Roveredo, la division Vaubois arrivait a
Roveredo par l'autre rive de l'Adige. La division autrichienne de Reuss
lui avait dispute le camp de Mori, mais Vaubois venait de l'emporter a
l'instant meme, et toutes les divisions se trouvaient reunies maintenant
au milieu du jour a la hauteur de Roveredo, sur les deux rives du
fleuve. Mais le plus difficile restait a faire.
Davidovich avait rallie ses deux divisions sur sa reserve, dans le
defile de Calliano, defile redoutable et bien autrement dangereux
que celui de Marco. Sur ce point, l'Adige, serrant les montagnes, ne
laissait, entre son lit et leur pied, que la largeur de la chaussee.
L'entree du defile etait fermee par le chateau de la Pietra, qui
joignait la montagne au fleuve, et qui etait couronne d'artillerie.
Bonaparte, persistant dans sa tactique, distribue son infanterie legere
a droite, sur les escarpemens de la montagne, et a gauche, sur les bords
du fleuve. Ses soldats, nes sur les bords du Rhone, de la Seine ou de la
Loire, egalent l'agilite et la hardiesse des chasseurs des Alpes.
Les uns gravissent de rochers en rochers, atteignent le sommet de la
montagne, et font un feu plongeant sur l'ennemi; les autres, non moins
intrepides, se glissent le long du fleuve, appuient le pied partout ou
ils peuvent se soutenir, et tournent le chateau de la Pietra. Le general
Dammartin place avec bonheur une batterie d'artillerie legere qui
fait le meilleur effet; le chateau est enleve. Alors l'infanterie le
traverse, et fond en colonne serree sur l'armee autrichienne amassee
dans le defile. Artillerie, cavalerie, infanterie, se confondent, et
fuient dans un desordre epouvantable. Le jeune Lamarois, aide-de-camp du
general en chef, veut prevenir la fuite des Autrichiens; il se precipite
au galop a la tete de cinquante hussards, traverse dans toute sa
longueur la masse autrichienne, et, tournant bride sur-le-champ, fait
effort pour en arreter la tete. Il est renverse de cheval, mais il
repand l
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