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conquetes en Allemagne, disaient-ils, n'avaient donc aucune solidite. Le Danube et le genie d'un jeune prince y avaient bientot mis un terme. Sans doute la temeraire armee d'Italie, qui semblait si fortement etablie sur l'Adige, en serait arrachee a son tour, et rejetee sur les Alpes, comme les armees d'Allemagne sur le Rhin. Il est vrai, les conquetes du general Bonaparte semblaient reposer sur une base un peu plus solide. Il ne s'etait pas borne a pousser Colli et Beaulieu devant lui; il les avait detruits: il ne s'etait pas borne a repousser la nouvelle armee de Wurmser; il l'avait d'abord desorganisee a Castiglione, et aneantie enfin sur la Brenta. Il y avait donc un peu plus d'espoir de rester en Italie que de rester en Allemagne; mais on se plaisait a repandre des bruits alarmans. Des forces nombreuses arrivaient, disait-on, de la Pologne et de la Turquie pour se porter vers les Alpes, les armees imperiales du Rhin pourraient faire maintenant de nouveaux detachemens, et, avec tout son genie, le general Bonaparte, ayant toujours de nouveaux ennemis a combattre, trouverait enfin le terme de ses succes, ne fut-ce que dans l'epuisement de son armee. Il etait naturel que, dans l'etat des choses, on format de pareilles conjectures, car les imaginations, apres avoir exagere les succes, devaient aussi exagerer les revers. Les armees d'Allemagne s'etaient retirees sans de grandes pertes, et tenaient la ligne du Rhin. Il n'y avait en cela rien de trop malheureux; mais l'armee d'Italie se trouvait sans appui, et c'etait un inconvenient grave. De plus, nos deux principales armees, rentrees sur le territoire francais, allaient etre a la charge de nos finances, qui etaient toujours dans un etat deplorable: et c'etait la le plus grand mal. Les mandats, ayant cesse d'avoir cours force de monnaie, etaient tombes entierement; d'ailleurs ils etaient depenses, et il n'en restait presque plus a la disposition du gouvernement. Ils se trouvaient a Paris, dans les mains de quelques speculateurs, qui les vendaient aux acquereurs de biens nationaux. L'arriere des creances de l'etat etait toujours considerable, mais ne rentrait pas; les impots, l'emprunt force, se percevaient lentement; les biens nationaux soumissionnes n'etaient payes qu'en partie; les paiemens qui restaient a faire n'etaient pas encore exigibles d'apres la loi; et les soumissions qui se faisaient encore n'etaient pas assez nombreuses pour alimenter le tresor. Du reste,
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