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igerantes pour les conserver. Ainsi, ajoutait le
directoire, le gouvernement francais pourrait se dispenser de repondre;
mais pour prouver son desir de la paix, il declare qu'il sera pret a
ecouter toutes les propositions, des que le lord Malmesbury sera muni
des pouvoirs de toutes les puissances, au nom desquelles il pretend
traiter.
Le directoire qui, dans cette negociation, n'avait rien a cacher, et
qui pouvait agir avec la plus grande franchise, resolut de rendre la
negociation publique, et de faire imprimer dans les journaux les notes
du ministre anglais et les reponses du ministre francais. Il fit
imprimer en effet sur-le-champ le memoire de lord Malmesbury, et la
reponse qu'il y avait faite. Cette maniere d'agir etait de nature a
deconcerter un peu la politique tortueuse du cabinet anglais; mais elle
ne derogeait nullement aux convenances, en derogeant aux usages. Lord
Malmesbury repondit qu'il allait en referer a son gouvernement. C'etait
un singulier plenipotentiaire que celui qui n'avait que des pouvoirs
aussi insuffisans, et qui, a chaque difficulte, etait oblige d'en
referer a sa cour. Le directoire aurait pu voir la un leurre, et
l'intention de trainer en longueur pour se donner l'air de negocier; il
aurait pu surtout ne pas voir avec plaisir le sejour d'un etranger dont
les intrigues pouvaient etre dangereuses, et qui venait pour
decouvrir le secret de nos armemens; il ne manifesta neanmoins aucun
mecontentement; il permit a lord Malmesbury d'attendre les reponses de
sa cour, et, en attendant, d'observer Paris, les partis, leur force et
celle du gouvernement. Le directoire n'avait du reste qu'a y gagner.
Pendant ce temps notre situation devenait perilleuse en Italie, malgre
les recens triomphes de Roveredo, de Bassano et de Saint-George.
L'Autriche redoublait d'efforts pour recouvrer la Lombardie. Graces aux
garanties donnees par Catherine a l'empereur pour la conservation des
Gallicies, les troupes qui etaient en Pologne avaient ete transportees
vers les Alpes. Graces encore a l'esperance de conserver la paix avec la
Porte, les frontieres de la Turquie avaient ete degarnies, et toutes
les reserves de la monarchie autrichienne dirigees vers l'Italie. Une
population nombreuse et devouee fournissait en outre de puissans moyens
de recrutement. L'administration autrichienne deployait un zele et une
activite extraordinaires pour enroler de nouveaux soldats, les encadrer
dans les vieilles troupes, les armer e
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