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echanger contre d'autres possessions en Allemagne ou en Italie, et
qu'elle n'avait gardee que parce que la Prusse s'etait toujours opposee
a son agrandissement en Allemagne, et qu'il ne s'etait pas presente de
combinaisons qui permissent son agrandissement en Italie. Pitt pensait
qu'une negociation solennelle, ouverte a Paris pour le compte de tous
les allies, empecherait les combinaisons particulieres, et previendrait
tout arrangement relatif aux Pays-Bas. Il voulait enfin avoir un agent
en France, qui put la juger de pres, et avoir des renseignemens certains
sur l'expedition qui se preparait a Brest. Telles etaient les raisons
qui, meme sans l'espoir d'obtenir la paix, decidaient Pitt a faire
une demarche aupres du directoire. Il ne se borna pas, comme l'annee
precedente, a une communication insignifiante de Wickam a Barthelemy; il
fit demander des passe-ports pour un envoye revetu des pouvoirs de la
Grande-Bretagne. Cette eclatante demarche du plus implacable ennemi
de notre republique, avait quelque chose de glorieux pour elle.
L'aristocratie anglaise etait ainsi reduite a demander la paix a la
republique regicide. Les passe-ports furent aussitot accordes. Pitt fit
choix de lord Malmesbury, autrefois sir Harris, et fils de l'auteur
d'Hermes. Ce personnage n'etait pas connu pour ami des republiques; il
avait contribue a l'oppression de la Hollande en 1787. Il arriva a Paris
avec une nombreuse suite, le 2 brumaire (23 octobre 1796).
Le directoire se fit representer par le ministre Delacroix. Les deux
negociateurs se virent a l'hotel des Affaires-Etrangeres, le 3 brumaire
an V (24 octobre 1796). Le ministre de France exhiba ses pouvoirs.
Lord Malmesbury s'annonca comme envoye de la Grande-Bretagne et de ses
allies, afin de traiter de la paix generale. Il exhiba ensuite ses
pouvoirs, qui n'etaient signes que par l'Angleterre. Le ministre
francais lui demanda alors s'il avait mission des allies de la
Grande-Bretagne, pour traiter en leur nom. Lord Malmesbury repondit
qu'aussitot la negociation ouverte, et le principe sur lequel elle
pouvait etre basee admis, le roi de la Grande-Bretagne etait assure
d'obtenir le concours et les pouvoirs de ses allies. Le lord remit
ensuite a Delacroix une note de sa cour, dans laquelle il annoncait le
principe sur lequel devait etre basee la negociation. Ce principe etait
celui des compensations de conquetes entre les puissances. L'Angleterre
avait fait, disait cette note, des conqu
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