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anqueurs; il s'avanca jusqu'a Heidenheim, presque sur ses derrieres, et y jeta une telle alarme, que tous les parcs retrograderent. Au centre, il tenta une attaque vigoureuse, mais qui ne fut pas assez decisive. A la gauche, vers Nordlingen, il fit des demonstrations menacantes. Moreau ne s'intimida ni des demonstrations faites a sa gauche, ni de l'excursion derriere sa droite; et, jugeant avec raison que le point essentiel etait au centre, fit le contraire de ce que font les generaux ordinaires, toujours alarmes lorsqu'on menace de les deborder; il affaiblit ses ailes au profit du centre. Sa prevision etait juste; car l'archiduc, redoublant d'efforts au centre vers Dunstelkingen, fut repousse avec perte. On coucha de part et d'autre sur le champ de bataille. Le lendemain, Moreau se trouva fort embarrasse par le mouvement retrograde de ses parcs, qui le laissait sans munitions. Cependant il pensa qu'il fallait payer d'audace, et faire mine de vouloir attaquer. Mais l'archiduc, presse de repasser le Danube, n'avait nulle envie de recommencer le combat: il fit sa retraite avec beaucoup de fermete sur le fleuve, le repassa sans etre inquiete par Moreau, et en coupa les ponts jusqu'a Donawerth. La, il apprit ce qui s'etait passe entre les deux armees qui avaient opere par le Mein. Wartensleben ne s'etait pas jete en Boheme comme il le craignait, il etait reste sur la Naab, en presence de Jourdan. Le jeune prince autrichien forma une resolution tres belle, qui etait la consequence de sa longue retraite, et qui etait propre a decider la campagne. Son but, en se repliant sur le Danube, avait ete de s'y concentrer, pour etre en mesure d'agir sur l'une ou sur l'autre des deux armees francaises, avec une masse superieure de forces. La bataille de Neresheim aurait pu compromettre ce plan, si, au lieu d'etre incertaine, elle avait ete tout a fait malheureuse. Mais s'etant retire entier sur le Danube, il pouvait maintenant profiter de l'isolement des armees francaises, et tomber sur l'une des deux. En consequence, il resolut de laisser le general Latour avec trente-six mille hommes pour occuper Moreau, et de se porter de sa personne avec vingt-cinq mille vers Wartensleben, afin d'accabler Jourdan par cette reunion de forces. L'armee de Jourdan etait la plus faible des deux. A une aussi grande distance de sa base, elle ne comptait guere plus de quarante-cinq mille hommes. Il etait evident qu'elle ne pourrait pas resister, et qu'elle
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