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nt aux armes, l'entourerent, le
firent prisonnier, et l'amenerent a Bonaparte. Deux Reggiens furent
tues dans l'action, et furent les premiers martyrs de l'independance
italienne.
La Lombardie etait jalouse et alarmee des faveurs accordees a la
Cispadane, et crut y voir pour elle un sinistre presage. Elle se dit que
puisque les Francais constituaient les legations et le duche sans la
constituer elle-meme, ils avaient le projet de la rendre a l'Autriche.
Bonaparte rassura de nouveau les Lombards, leur fit sentir les
difficultes de sa position, et leur repeta qu'il fallait gagner
l'independance en le secondant dans cette terrible lutte. Ils deciderent
de porter a douze mille hommes les deux legions italienne et polonaise,
dont ils avaient deja commence l'organisation.
Bonaparte s'etait menage ainsi autour de lui des gouvernemens amis, qui
allaient faire tous leurs efforts pour l'appuyer. Leurs troupes sans
doute ne pouvaient pas grand'chose; mais elles etaient capables de
faire la police du pays conquis, et de cette maniere elles rendaient
disponibles les detachemens qu'il y employait. Elles pouvaient, appuyees
de quelques centaines de Francais, resister a une premiere tentative du
pape, s'il avait la folie d'en faire une. Bonaparte s'efforca en meme
temps de rassurer le duc de Parme, dont les etats confinaient a la
nouvelle republique; son amitie pouvait etre utile, et sa parente
avec l'Espagne commandait des menagemens. Il lui laissa entrevoir la
possibilite de gagner quelques villes, au milieu de ces demembremens de
territoires. Il usait ainsi de toutes les ressources de la politique,
pour suppleer aux forces que son gouvernement ne pouvait pas lui
fournir; et, en cela, il faisait son devoir envers la France et
l'Italie, et le faisait avec toute l'habilete d'un vieux diplomate.
La Corse venait d'etre affranchie par ses soins. Il avait reuni les
principaux refugies a Livourne, leur avait donne des armes et des
officiers, et les avait jetes hardiment dans l'ile pour seconder la
rebellion des habitans contre les Anglais. L'expedition reussit; sa
patrie etait delivree du joug anglais, et la Mediterranee allait bientot
l'etre. On pouvait esperer qu'a l'avenir les escadres espagnoles,
reunies aux escadres francaises, fermeraient le detroit de Gibraltar aux
flottes de l'Angleterre, et domineraient dans toute la Mediterranee.
Il avait donc employe le temps ecoule depuis les evenemens de la Brenta
a ameliorer sa positio
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