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iers bancs des Alpes, se prolongent de
la Chiesa au Mincio, par Lonato, Castiglione, Solferino. Au pied de ces
hauteurs s'etend la plaine qui allait servir de champ de bataille. Les
deux armees y etaient en presence, perpendiculairement a la ligne des
hauteurs, a laquelle toutes deux appuyaient une aile. Bonaparte y
appuyait sa gauche, Wurmser sa droite. Bonaparte avait vingt-deux mille
hommes au plus; Wurmser en comptait trente mille. Ce dernier avait
encore un autre avantage; son aile qui etait dans la plaine, etait
couverte par une redoute placee sur le mamelon de Medolano. Ainsi il
etait appuye des deux cotes. Pour balancer les avantages du nombre et de
la position, Bonaparte comptait sur l'ascendant de la victoire, et sur
ses manoeuvres. Wurmser devait tendre a se prolonger par sa droite, qui
s'appuyait a la ligne des hauteurs, pour s'ouvrir une communication vers
Lonato et Salo. C'est ainsi qu'avait fait Bayalitsch l'avant-veille, et
c'est ainsi que devait faire Wurmser, dont tous les voeux devaient avoir
pour but la reunion avec son grand detachement. Bonaparte resolut de
favoriser ce mouvement dont il esperait tirer un grand parti. Il avait
maintenant sous sa main la division Serrurier, qui, poursuivie par
Wurmser depuis qu'elle avait quitte Mantoue, n'avait pu jusqu'ici
entrer en ligne. Elle arrivait par Guidizzolo. Bonaparte lui ordonna de
deboucher vers Cauriana, sur les derrieres de Wurmser. Il attendait son
feu pour commencer le combat.
Des la pointe du jour, les deux armees entrerent en action. Wurmser,
impatient d'attaquer, ebranla sa droite le long des hauteurs; Bonaparte,
pour favoriser ce mouvement, replia sa gauche, qui etait formee par
la division Massena; il maintint son centre immobile dans la plaine.
Bientot il entendit le feu de Serrurier. Alors, tandis qu'il continuait
a replier sa gauche, et que Wurmser continuait a prolonger sa droite,
il fit attaquer la redoute de Medolano. Il dirigea d'abord vingt pieces
d'artillerie legere sur cette redoute, et, apres l'avoir vivement
canonnee, il detacha le general Verdier, avec trois bataillons de
grenadiers, pour l'emporter. Ce brave general s'avanca, appuye par
un regiment de cavalerie, et enleva la redoute. Le flanc gauche des
Autrichiens fut alors decouvert, a l'instant meme ou Serrurier, arrive a
Cauriana, repandait l'alarme sur leurs derrieres. Wurmser jeta aussitot
une partie de sa seconde ligne a sa gauche, privee d'appui, et la placa
en potence
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