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e fut de Juin le septieme,
Mil six cent septante et trois,
Que le combat fut extreme
De nous et des Hollandois.
Sainte mere de Marie, etc.
Les boulets comme la grele,
Passoient parmi nos vaisseaux
Brisant mats, cordages, voile,
En mettant tout en lambeaux.
Sainte mere de Marie, etc.
La merveille est toute sure
Que pas un homme d'Arzon
Ne recut la moindre injure,
De mousquet, ni de canon.
Sainte mere de marie, etc.
Un d'Arzon changeant de place,
Un boulet vint a passer,
Brisant de celui la face
Qui venoit de s'y placer.
Sainte mere de Marie, etc.
L'Arzonnois la sauvant belle,
Eut l'epaule et les deux yeux
Tout couverts de la cervelle
De ce pauvre malheureux.
Sainte mere de Marie, etc.
De Jesus la sainte Aieule,
Par un bienfait singulier,
Nous connaissons que vous seule
Nous gardiez en ce danger.
Sainte mere de Marie, etc.
Par humble reconnaissance,
Nous flechissons les genoux,
Adorant votre puissance
Qui a paru envers nous.
Sainte mere de Marie, etc.
Recevez toutes nos classes,
Pour tout le temps a venir;
Sous l'asile de vos graces,
Nul ne pourra mal finir.
Sainte mere de Marie, etc.
V
Parmi les pieces de M. Stephane Halgan frappees au vrai type breton, nous
citerons particulierement les _Crepes_ et _le Retour du Pardon_: on y
trouvera des details de moeurs du pays, en meme temps qu'un specimen du
style vif, pittoresque et un peu apre du poete armoricain.
LES CREPES.
Dans le seigle ou dans le froment
Aux fleurs legeres,
Naissent tes fleurs, bleuet charmant,
La paille ombrage obligeamment
Ces etrangeres.
Des colzas jaunis au printemps,
Moissons superbes,
Les souffles d'avril palpitants
Courbent en flots d'or eclatants
Les hautes gerbes.
Le trefle a diverses couleurs,
. . . . . . . . . . . . . . . . .
Mieux que toutes ces fleurs, celles que j'aime a voir,
A l'automne, ce sont les grappes de ble noir
Balancant leurs fleurettes blanches;
Le paysan joyeux, contemplant son labour,
Bravement mis, le coeur leger, se rend au bourg
Pour les offices des dimanches.
Il se plait a compter le nombre de setiers
Qui, la moisson battue, empliront ses greniers.
Sous le vent du matin qui passe,
Sous le soleil qui jette a flots ses gais rayons,
Une senteur de miel, s'ex
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