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ernant l'histoire des chemins et canaux
de Bretagne.
_Nota_. La classe d'archeologie, consacrera l'une des journees a une
excursion monumentale, dont le but sera determine dans une des premieres
seances du congres.
III
Tout le monde connait le _Barzaz-Breiz, chants populaires de la Bretagne_,
publies par M. de la Villemarque. Nous en detachons une seule piece, les
_Fleurs de mai_, douce et touchante elegie, composee par deux jeunes soeurs
paysannes, et traduite avec naivete et grace en vers francais par M. Emile
Grimaud.
"Un poetique et gracieux usage (dit M. de la Villemarque), existe sur la
limite de la Cornouaille et du pays de Vannes: on seme de fleurs la couche
des jeunes filles qui meurent au mois de mai. Ces premices du printemps
sont regardees comme un presage d'eternel bonheur pour celles qui en
peuvent jouir, et il n'est pas une jeune malade dont les voeux ne hatent le
retour de la saison des fleurs, si les fleurs sont pres d'eclore, ou
l'instant de sa delivrance, si elles doivent bientot se fletrir."
LES FLEURS DE MAI.
I.
Si vous aviez vu Jeff passer sur le rivage,
Avec ses yeux brillants, avec son frais visage,
Et vu Jeff au pardon danser, belle d'ardeur,
Vous en auriez ete rejoui dans le coeur.
Mais de pitie votre ame aurait ete pressee,
A voir la pauvre fille en son lit affaissee;
Le mal avait ronge ses membres affaiblis,
Et sa joue etait pale, oh! pale comme un lis.
Ses compagnes venaient s'asseoir pres de sa couche;
Or, elle leur disait, d'une voix qui les touche:
--"Mes compagnes, cessez, si vous m'aimez un peu,
De repandre des pleurs, cessez, au nom de Dieu.
"A la mort, vous savez, on ne peut se soustraire:
Dieu lui-meme est bien mort, en croix, sur le Calvaire!"
II
A la fontaine, un soir, j'allais puisser de l'eau,
Le rossignol de nuit chantait sur un rameau:
--"Voila le mois de mai qui passe, et sur les routes
Voila que des buissons les fleurs s'effeuillent toutes;
"Les regrets sont moins vifs a l'aurore des ans:
Heureuses celles-la qui meurent au printemps!
"De meme qu'une rose abandonne la branche,
Ainsi vers le tombeau la jeunesse se penche;
"Avant huit jours passes celles qui vont mourir,
Des plus nouvelles fleurs on viendra les couvrir,
"Et du sein de ces fleurs, ouvrant de blanches ailes,
Elles s'eleveront aux spheres eternelles."
III
Jeffik, le rossignol chantait hie
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