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x-ci chargent vigoureusement la ligne
autrichienne, qui resiste; mais tout a coup on entend un grand bruit de
trompettes; les Autrichiens, croyant etre charges par toute une division
de cavalerie, cedent le terrain. Au meme instant, la garnison de
Legnago, que Bonaparte avait fait sortir pour circuler sur leurs
derrieres, se montre au loin, et ajoute a leurs inquietudes. Alors ils
se retirent; et, apres soixante-douze heures de cet epouvantable combat,
decourages, accables de fatigue, ils cedent la victoire a l'heroisme de
quelques mille braves, et au genie d'un grand capitaine.
Les deux armees, epuisees de leurs efforts, passerent la nuit dans la
plaine. Des le lendemain matin, Bonaparte fit recommencer la poursuite
sur Vicence. Arrive a la hauteur de la chaussee qui mene de la Brenta
a Verone, en passant par Villa-Nova, il laissa a la cavalerie seule le
soin de poursuivre l'ennemi, et songea a rentrer a Verone par la route
de Villa-Nova et de Caldiero, afin de venir au secours de Vaubois.
Bonaparte apprit en route que Vaubois avait ete obliger d'abandonner
la Corona et Rivoli, et de se replier a Castel-Novo. Il redoubla de
celerite, et arriva le soir meme a Verone, en passant sur le champ de
bataille qu'avait occupe Alvinzy. Il entra dans la ville, par la porte
opposee a celle par laquelle il en etait sorti. Quand les Veronais
virent cette poignee d'hommes, qui etaient sortis en fugitifs par la
porte de Milan, rentrer en vainqueurs par la porte de Venise, ils furent
saisis de surprise. Amis et ennemis ne purent contenir leur admiration
pour le general et les soldats qui venaient de changer si glorieusement
le destin de la guerre. Des ce moment, il n'entra plus dans les craintes
ni dans les esperances de personne, qu'on put chasser les Francais de
l'Italie. Bonaparte fit marcher sur-le-champ Massena a Castel-Novo, et
Augereau sur Dolce, par la rive gauche de l'Adige. Davidovich, attaque
de toutes parts, fut promptement ramene dans le Tyrol, avec perte de
beaucoup de prisonniers. Bonaparte se contenta de faire reoccuper les
positions de la Corona et de Rivoli, sans vouloir remonter jusqu'a
Trente et rentrer en possession du Tyrol. L'armee francaise etait
singulierement affaiblie par cette derniere lutte. L'armee autrichienne
avait perdu cinq mille prisonniers, huit ou dix mille morts et blesses,
et se trouvait encore forte de plus de quarante mille hommes, compris
le corps de Davidovich. Elle se retirait dans le Tyrol e
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