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ur resister a un
premier assaut. Cette combinaison si audacieuse et si profonde frappa
l'armee, qui sur-le-champ en devina l'intention, et en fut remplie
d'esperance.
Bonaparte placa Massena sur la digue de gauche pour remonter sur
Gombione et Porcil, et prendre l'ennemi en queue, s'il marchait sur
Verone. Il dirigea Augereau a droite pour deboucher sur Villa-Nova. On
etait a la pointe du jour. Massena se mit en observation sur la digue
de gauche; Augereau, pour parcourir celle de droite, avait a franchir
l'Alpon sur le pont d'Arcole. Quelques bataillons croates s'y trouvaient
detaches pour surveiller le pays. Ils bordaient la riviere, et avaient
leur canon braque sur le pont. Ils accueillirent l'avant-garde
d'Augereau par une vive fusillade, et la forcerent a se replier.
Augereau accourut et ramena ses troupes en avant; mais le feu du pont et
de la rive opposee les arreta de nouveau. Il fut oblige de ceder devant
cet obstacle, et de faire halte.
Pendant ce temps, Alvinzy, qui avait les yeux fixes sur Verone, et
qui croyait que l'armee francaise s'y trouvait encore, etait surpris
d'entendre un feu tres-vif au milieu des marais. Il ne supposait pas que
le general Bonaparte put choisir un pareil terrain, et il croyait que
c'etait un corps detache de troupes legeres. Mais bientot sa cavalerie
revient l'informer que l'engagement est grave, et que des coups de fusil
sont partis de tous les cotes. Sans etre eclairci encore, il envoie deux
divisions; l'une sous Provera suit la digue de gauche, l'autre sous
Mitrouski suit la digue de droite, et s'avance sur Arcole. Massena,
voyant approcher les Autrichiens, les laisse avancer sur cette digue
etroite, et quand il les juge assez engages, il fond sur eux au pas de
course, les refoule, les rejette dans les marais, en tue, en noie un
grand nombre. La division Mitrouski arrive a Arcole, debouche par le
pont et suit la digue comme celle de Provera. Augereau fond sur elle,
l'enfonce, et en jette une partie dans les marais. Il la poursuit, et
veut passer le pont apres elle; mais le pont etait encore mieux garde
que le matin; une nombreuse artillerie en defendait l'approche, et tout
le reste de la ligne autrichienne etait deploye sur la rive de l'Alpon,
fusillant sur la digue, et la prenant en travers. Augereau saisit un
drapeau et le porte sur le pont; ses soldats le suivent, mais un feu
epouvantable les ramene en arriere. Les generaux Lannes, Verne, Bon,
Verdier, sont gravement ble
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