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f jours a repondre; il avait repondu enfin que
les pouvoirs etaient demandes, mais qu'avant de les obtenir, il fallait
que le gouvernement francais admit positivement le principe des
compensations. Le directoire avait alors demande qu'on lui enoncat
sur-le-champ les objets sur lesquels porteraient les compensations. Tel
est le point ou la negociation en etait restee. Lord Malmesbury ecrivit
de nouveau a Londres, et apres douze jours, repondit, le 6 frimaire (26
novembre), que sa cour n'avait rien a ajouter a ce qu'elle avait dit, et
qu'elle ne pouvait pas s'expliquer davantage, tant que le gouvernement
francais n'admettrait pas formellement le principe propose. C'etait la
une subtilite; car, en demandant l'enonciation des objets qui seraient
compenses, la France admettait evidemment le principe des compensations.
Ecrire a Londres, et employer encore douze jours pour cette subtilite,
c'etait se jouer du directoire. Il repondit, comme il faisait toujours,
le lendemain meme, et par une note de quatre lignes il dit que sa
precedente note impliquait necessairement l'admission du principe
des compensations, mais que du reste il l'admettait formellement,
et demandait sur-le-champ la designation des objets sur lesquels ce
principe devait porter. Le directoire s'informait en outre si a chaque
question lord Malmesbury serait oblige d'ecrire a Londres. Lord
Malmesbury repondit vaguement qu'il serait oblige d'ecrire toutes les
fois que la question exigerait des instructions nouvelles. Il ecrivit
encore, et resta vingt jours avant de repondre. Il etait evident cette
fois qu'il fallait sortir du vague ou l'on s'etait enferme, et aborder
enfin la redoutable question des Pays-Bas. S'expliquer sur cet objet,
c'etait rompre la negociation, et on concoit que le cabinet anglais mit
les plus longs delais possibles a la rompre. Enfin, le 28 frimaire (18
decembre), lord Malmesbury eut une entrevue avec le ministre Delacroix,
et lui remit une note dans laquelle les pretentions du cabinet anglais
etaient exposees. Il voulait que la France restituat aux puissances du
continent tout ce qu'elle avait conquis; qu'elle rendit a l'Autriche la
Belgique et le Luxembourg, a l'Empire les etats allemands de la rive
gauche; qu'elle evacuat toute l'Italie, et la replacat dans le _statu
quo ante bellum_; qu'elle restituat a la Hollande certaines portions
de territoire, telles que la Flandre maritime, par exemple, afin de la
rendre independante; et enfin, que d
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