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jour meme, qu'elle fut revetue
des formes necessaires, et lui demanda son _ultimatum_ sous vingt-quatre
heures. Lord Malmesbury, embarrasse, repondit que la note etait
suffisamment authentique, puisqu'elle etait contenue dans une lettre
signee, et que quant a un _ultimatum_, il etait contre tous les usages
de l'exiger aussi brusquement. Le lendemain, 29 frimaire (19 decembre),
le directoire lui fit declarer qu'il n'ecouterait jamais aucune
proposition contraire aux lois et aux traites qui liaient la republique;
il fit ajouter que lord Malmesbury ayant besoin de recourir a chaque
instant a son gouvernement, et remplissant un role purement passif dans
la negociation, sa presence a Paris etait inutile; qu'en consequence il
avait ordre de se retirer, lui et toute sa suite, sous quarante-huit
heures; que d'ailleurs des courriers suffiraient pour negocier, si
le gouvernement anglais adoptait les bases posees par la republique
francaise.
Ainsi finit cette negociation, dans laquelle le directoire, loin de
manquer aux formes, comme on l'a dit, donna un veritable exemple de
franchise dans ses rapports avec les puissances ennemies. Il n'y eut
point ici d'usage viole. Les communications des puissances portent,
comme toutes les relations entre les hommes, le caractere du temps, de
la situation, des individus qui gouvernent. Un gouvernement fort et
victorieux parle autrement qu'un gouvernement faible et vaincu; et il
convenait a une republique, appuyee sur la justice et la victoire, de
rendre son langage prompt, net, et public.
Pendant cet intervalle, le grand projet de Hoche sur l'Irlande
s'effectuait. C'etait la ce que redoutait l'Angleterre, et ce qui
pouvait, en effet, la mettre dans un grand peril. Malgre les bruits
adroitement semes d'une expedition en Portugal ou en Amerique,
l'Angleterre avait bien compris l'objet des preparatifs qui se faisaient
a Brest. Pitt avait fait lever les milices, armer les cotes, et donner
l'ordre de tout evacuer dans l'interieur, si les Francais debarquaient.
L'Irlande, a laquelle on destinait l'expedition, etait dans une
situation propre a inspirer de graves inquietudes. Les partisans de la
reforme parlementaire et les catholiques presentaient dans cette ile une
masse suffisante pour operer un soulevement. Ils auraient volontiers
adopte un gouvernement republicain, sous la garantie de la France, et
ils avaient envoye des agens secrets a Paris pour s'entendre avec le
directoire. Ainsi tout pr
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