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es savantes dispositions autour de
ce fort miserablement retranche. La conduite des deux generaux en chef
fut loin d'etre aussi approuvee que celle de leurs lieutenans. On
reprocha a Moreau de n'avoir pas su profiter de la force de son armee,
et de n'avoir pas debouche sur la rive droite pour tomber sur l'armee
de siege. On blama l'archiduc d'avoir depense tant d'efforts contre une
tete de pont. Moreau rendit Kehl le 20 nivose an V (9 janvier 1797);
c'etait une legere perte. Notre longue resistance prouvait la solidite
de la ligne du Rhin. Les troupes avaient peu souffert; Moreau avait
employe le temps a perfectionner leur organisation; son armee presentait
un aspect superbe. Celle de Sambre-et-Meuse, passee sous les ordres de
Beurnonville, n'avait pas ete employee utilement pendant ces derniers
mois, mais elle s'etait reposee, et renforcee de detachemens nombreux
venus de la Vendee; elle avait recu un chef illustre, Hoche, qui etait
enfin appele a une guerre digne de ses talens. Ainsi, quoiqu'il ne
possedat pas encore Mayence, et qu'il fut prive de Kehl, le directoire
pouvait se regarder comme puissant sur le Rhin. Les Autrichiens, de leur
cote, etaient fiers d'avoir pris Kehl, et ils dirigeaient maintenant
tous leurs efforts sur la tete de pont d'Huningue. Mais tous les voeux
de l'empereur et de ses ministres se portaient sur l'Italie. Les travaux
de l'administration pour renforcer l'armee d'Alvinzy, et pour essayer
une derniere lutte, etaient extraordinaires. On avait fait partir les
troupes en poste. Toute la garnison de Vienne avait ete acheminee sur le
Tyrol. Les habitans de la capitale, pleins de devouement pour la
maison imperiale, avaient fourni quatre mille volontaires, qui furent
enregimentes, sous le nom de _volontaires de Vienne_. L'imperatrice leur
donna des drapeaux brodes de ses mains. On avait fait une nouvelle
levee en Hongrie, et on avait tire du Rhin quelques mille hommes des
meilleures troupes de l'empire. Grace a cette activite, digne des plus
grands eloges, l'armee d'Alvinzy se trouva renforcee d'une vingtaine de
mille hommes, et portee a plus de soixante mille. Elle etait reposee et
reorganisee; et quoique renfermant quelques recrues, elle se composait
en majeure partie de troupes aguerries. Le bataillon des volontaires de
Vienne etait forme de jeunes gens, etrangers, il est vrai, a la guerre,
mais appartenant a de bonnes familles, animes de sentiments eleves,
tres devoues a la maison imperiale, et
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