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tait plus possible d'avancer! Ce fut un quart
d'heure d'angoisse atroce; les voyageurs s'interrogeaient les uns les
autres. Fallait-il donc perdre l'espoir d'arriver; mais enfin la
locomotive siffla, le train repartit a toute vapeur, et a deux heures
du matin j'entrai a Paris. Non, il faut avoir passe par ces dures
anxietes pour savoir ce que la vue des longues rangees de maisons
peut remuer le coeur. On etouffe!
C'etait le 14 septembre; trois ou quatre jours apres Paris etait
investi; le siege allait commencer.
DEUXIEME PARTIE
UNE CAMPAGNE DEVANT PARIS
X
Quand j'arrivai a Paris, aucun de mes amis ne m'attendait plus. On me
croyait mort ou a l'agonie dans quelque ambulance prussienne. Les
optimistes supposaient que j'avais eu la chance d'etre au nombre des
cent mille prisonniers ramasses dans le grand coup de filet de Sedan
et que je mangeais du pain noir dans quelque forteresse d'Allemagne.
Ils ne se trompaient qu'a demi. On me traitait en ressuscite.
Bientot il fallut songer a rentrer au regiment. Mon pied me faisait
grand mal encore et je boitais bel et bien; mais toute la question
pour moi etait de decouvrir ce qui restait du 3e zouaves, qui venait
de passer par le double creuset de Reischoffen et de Sedan.
Ces memes promenades qui avaient marque mon engagement recommencerent.
L'administration, dans mon cher pays, n'a-t-elle pas l'art de
compliquer les choses les plus aisees et de rendre obscures les plus
claires? A la place, ou je me presentai d'abord, on me repondit, apres
une longue attente, qu'il fallait me rendre a l'intendance. La,
nouvelle attente aux portes des bureaux, apres quoi un commis qui
rangeait des papiers m'assura, sans me regarder, que j'avais fait
fausse route, et que je devais bien vite courir au Gros-Caillou ou
j'aurais a demander le bureau de recrutement.--Et il ajouta a
demi-voix:
--Ces imbeciles de la place n'en font pas d'autres!
Au Gros-Caillou, un garcon de salle me declara que les bureaux etaient
fermes et que j'aurais a revenir le lendemain.
Le lendemain, l'employe auquel je m'adressai au bureau de recrutement,
rit beaucoup de l'etourderie de ces messieurs de l'intendance et me
conseilla d'aller aux Isoles, a la caserne de Latour-Maubourg. J'y
courus.
Un triste spectacle m'y attendait. C'etait le lendemain du jour
nefaste de Chatillon. Un rassemblement d'hommes s'agitait dans les
cours. Ils respiraient l'accablement. Mon coeur se mit a battre quan
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