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le corps du general Ducrot etait arrive en retard, et que ce retard avait compromis, en l'enrayant, le succes du mouvement, que l'on avait perdu plusieurs heures devant une tranchee qu'il aurait ete facile de tourner, puisque nous etions a 500 metres au-dessus de cet obstacle, preserves nous-memes par le mur du parc; mais que de choses ne dit-on pas pour expliquer un echec! Les zouaves attendaient toujours. Cette position qu'on nous avait dit de prendre, elle etait prise. N'avait-on pas a nous faire donner encore un coup de collier? Le jour et une moitie de la nuit se passerent sans ordre nouveau. Des acces de colere nous empechaient de dormir. Le bruit de la bataille etait mort. Vers une heure du matin, un ordre arriva qui nous fit abandonner la position conquise au prix de tant de sang. Quelle fureur alors parmi nous! Sur la route qui nous ramenait a La Fouilleuse, nous marchions fievreusement au travers des mobiles roules dans leurs couvertures. Il y avait pres de vingt-quatre heures que nous etions sur pied, le ventre creux, et la folie de l'attaque ne nous soutenait plus. Je mourais de soif. Le Crimeen me passa un bidon pris je ne sais ou, et qui, par miracle, se trouva plein. Je bus a longs traits. --Sais-tu ce que tu as bu, dis? me demanda-t-il en riant dans sa barbe. --De l'eau, je crois. --C'est de l'eau-de-vie, camarade! flaire un peu! Et c'etait vrai. Je ne m'en etais pas apercu. Le froid produit de ces phenomenes. Une heure apres, il fallut de nouveau quitter La Fouilleuse et regagner Courbevoie en suivant la levee du chemin de fer. L'affaire etait manquee, et cependant, a l'heure meme ou l'on prenait possession du parc de Buzenval,--des habitants du pays, me l'ont affirme plus tard,--on attelait les chevaux aux fourgons du roi, et Versailles allait etre evacue,--C'est toujours au moment ou il ne fallait plus qu'une attaque a fond pour nous forcer a reculer, disait un officier prussien apres l'armistice, que le mouvement de retraite commencait dans votre armee. Pourquoi? Chacun sentait que la campagne etait finie. Paris ne mangeait plus. Les illusions s'etaient envolees. On ne croyait plus a la delivrance par la province. Les zouaves, un instant campes a Belleville-Villette, ou l'on craignait une manifestation, avaient repris leurs cantonnements a Malassise. L'armistice venait d'etre signe. Il fallut ramener le 4e zouaves dans Paris, ou il devait etre desarme. Un effroyable accablement nous
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