FREE BOOKS

Author's List




PREV.   NEXT  
|<   88   89   90   91   92   93   94   95   96   97   98   99   100   101   102   103   104   105   106   107   108   109   110   111   112  
113   114   >>  
'utilite de la defense. Son scepticisme le paralysait, en meme temps que la jactance du gouvernement endormait Paris. Aucun de nous ne faisait plus attention a l'echange continuel d'obus qui se faisait entre les lignes prussiennes et la ligne des forts. Ces jours noirs de decembre, meles de coups de vent et de rafales de neige, me semblaient interminables. A des matins brumeux succedaient des soirees froides et des nuits glaciales. Le regard se fatiguait a suivre les lignes sombres des arbres courant aux deux cotes des routes blanches: partout la neige, on songeait a la Russie. La pensee n'avait plus ni ressort, ni chaleur. Sur ces entrefaites, j'appris qu'on formait un bataillon de francs-tireurs au moyen de quatre compagnies prises dans chacun des quatre regiments de la division, qui se composait alors du 4e regiment de zouaves et du regiment des mobiles de Seine-et-Marne reunis sous le commandement du general Fournes, et du 135e de ligne avec les mobiles du Morbihan embrigades sous les ordres du colonel Colonieu, faisant fonction de general. J'avais ete nomme caporal-fourrier a l'affaire de Champigny; mais, pour entrer dans le corps des francs-tireurs, je n'hesitai pas a deposer un galon et a redevenir simplement caporal. Je voyais dans ces quatre mots: bataillon des francs-tireurs, toute une perspective de combats et d'aventures ou les coups de fusil ne manqueraient pas. Je ne voulais pas d'ailleurs me separer de mon capitaine. Le hasard donna raison a mes previsions, et rompit la monotonie de notre existence. La nouvelle se repandit un soir que le lendemain, 20 decembre, nous entrerions en expedition. Comment le savait-on? quelle bouche indiscrete faisait ainsi descendre a l'avance du general en chef au soldat le jour et l'heure des prises d'armes? C'est ce qu'il nous etait impossible de deviner; mais quelqu'un, fee ou femme, se chargeait toujours d'avertir l'armee, et le secret, qui avait toute liberte d'aller et de venir, ne tardait pas a franchir les avant-postes. Que de choses ne racontait-on pas entre camarades, le soir, en fumant une pauvre pipe! La confiance etait partie. La nouvelle de cette prochaine sortie fut donc accueillie avec une ardeur hesitante; on n'y voyait que l'occasion de remuer un peu. Un sergent, qui tisonnait le feu dans une chambre sans fenetre, ou il ne restait qu'un vase de fleurs artificielles sous son globe de verre, se tourna du cote du narrateur, et d'une voix seche: --Ou d
PREV.   NEXT  
|<   88   89   90   91   92   93   94   95   96   97   98   99   100   101   102   103   104   105   106   107   108   109   110   111   112  
113   114   >>  



Top keywords:

quatre

 
general
 
tireurs
 

francs

 
faisait
 
mobiles
 
nouvelle
 

caporal

 

decembre

 

regiment


prises
 
bataillon
 

lignes

 
soldat
 
deviner
 

impossible

 
repandit
 

raison

 

previsions

 

monotonie


rompit

 

hasard

 

capitaine

 

voulais

 

manqueraient

 

ailleurs

 

separer

 
existence
 
indiscrete
 

bouche


descendre

 

avance

 
quelle
 

savait

 

lendemain

 

entrerions

 

expedition

 

Comment

 

sergent

 
tisonnait

chambre

 

remuer

 

hesitante

 

ardeur

 
voyait
 

occasion

 

fenetre

 

restait

 

narrateur

 

tourna